DEIJXIEME PARTIE. CH. II
cade, le girofle, le sandal et lesAOutres substances parfumées ou d'une odeur saisissante. Les oiseaux sont le perroquet et le paon ; les bêtes qu'on y chasse sont la civette et la chèvre produisant le musc. On ne finirait pas si on voulait énumérér tous les avant^s qui distinguent ces contrées (1). » Aussi, aucun navire ne manque ni de marins pour le conduire, ni de négociants pour l'affréter.
La navigation n'est qu'un cabotage le long des côtes; on traverse cependaat, grâce aux moussons , la mer des Indes et le golfe du Bengale en ligne directe. Dans le reste de la route, le navire va d'un port à un autre port, d'une île à une autre île, se procurant, par des échanges, les produits de chaque localité, donnant des soieries ici pour avoir de l'àloès, là pour de Tambre, plus loin pour du camphre. « Il est exposé à être pillé ; ou bien il est forcé de faire un long séjour dans certain» endroits, ce qui oblige les voyageurs à se défaire de leurs marchandises hors des provinces arabes (2). » D'autres fois, le vent contraire ou un courant le pousse loin de sa^destination primitive. Ainsi se répandent les ridies étoffes d^ la Chine et de la Perse, soit par un commerce régulier, soit par un commerce de hasard, dans les îles et les ports (3) de l'Asie et de la Malaisie.
(\) Chaîne des chroniques, p. 143.
(2) Chaîne des chroniques^ p.. 12. ,
(3) Edrisi mentionne unlrè^grjind usage des soieries dans !*îlc
If.
Et nous n'hésitons pas à penser que ce sertit les Arabes, en relations si régulières avecSofala (1), qui ont introduit à Madagascar (lies des Zendj) ces espèces de vers à soie mentionnés par le naturaliste Commerson {% , ou qufont enseigné à en tirer parti.
Le port chinois où les Arabes s'approvisionnent de soieries est nommé par eux Khanfou. Il correspond à
de Comor. Trad. de M. Am, Jaubert, tom. i, p. 6t. — Par Tile de Cotnor il semble qu*oa doit entendre la pointe méridionale de riode auprès du cap Comorin. — Abou-Zeyd observe très-bien que ce n'est pas une île (Chaim des chroniques^ p. 97)^ mais une portion du continent indien, qu'il faut désigner sous ce nom* La grandeur des îles qui sont dans la met des Indes, Geylan^ Sumatra, Java, 'Bornéo^ devait souvent tromper le navigateur et le laisser dans le doute si la terre qu'il avait devant lui était une portion du continent ou une ile« G*eât incontestablement à retendue des îles de la Sonde, qui forment comme une barrière à Test^ à la suite de la pointe de Malacca^ qu'il faut attribuer cette erreur si longtemps accréditée que la mer Erythrée était une mer intérieure, entourée de continents de tous côtés.
(4) Ou trouve dans Ibn-Haukal les renseignements suivants sur S(>fala : « C'est une vaste contrée qui abonde en or, eli grains et » en divertôs productions admirables. Les villes sont fort peuplées » et toutes situées à Tembouchurc d'une rivière. Les Zendj n'ont » pas de vaisseaux ; mais les marchands de l'Oman viennent dans » des navires acheter leurs enfants qu*ils ret^endent iliUeurs. Le » commerce des Zendj consiste en dents d'éléphauts^en peaux de » panthères et en soie. » Traduction de if. Reinaud^ dans son Introduciionù la géographie d'Aboulféda, p. 306.
(2) Nous avons par erreur signalé, dans notre 1*' volume, Commerson comme un des gouverneurs de Madagascar, M. d'Avezac, dans une bienveillante critique dont nous le remercions vivement^ nous a {|it remarquer q'ie ce naturaliste célèbre n'avait jamais été gouverneur dans l'île où il remplissait une mission scientifique.