DEUXIÈME PARTIE. CH. II
cle de ii0b^ ère, jusqu'à la presqu'île de Malacca. La longue étendue de côtes que présentent les lies d© la Sonde , forme comme une barrière au-devant de la mer de la Chine ; les voyageurs de rOccident prirent pour une rivière le détroit de Malacca, et regardèrent ces liés comme le prolongement du continent asiatique. De là Terreur longtemps accréditée que la mer Erythrée, cette mer orientale considérée, dans le système géographique des Romains, comme la limite du monde vers Vest (1), était entourée de terres.
Les négociants et les navigateurs qui venaient de l'est, se gardèrent bien d^éclairer et de détromper les gens d'Occident; la vérilé dut se faire jour peu à peu, par la force des choses. On commença par apprendre qu'il y avait une coïitrée d'où l'on pouvait tirer la soie par mer, et que des navires (étaien},-ils malais ou était-ce déjà, des navires chinois?) apportaient à Ceylan, par la^mer orientale, les précieux tissus qu'on n'avait encore reçus que de l'Asie centrale. Ptolémée plaça ce pays des Sînô» au fond de la mer Erythrée : c'était la première notion dtt vrai nom de la Chine ^2). Pau^nias, quelques années plus tard, entend dire que ce pays d#fei soie, cette Sém, est baigné par une mer
(O M . Reinaué» Relations (t($i V empire romain mec VAsie orieiito/e, seconde carte géagraphique.
(î) Voir notre premier volume, p. 4 08, et M. Reinaud, Relations de V empire romain avec VA$ie orientale^ p. 45, 2 16^ et suiv.
tout autre (juc la mer Erjthrée : au Iroisièiue siècle, le fait n'est plus douteux et le Périple l'affirme; mais comme ce renseignement renverse toutes les idées reçues antérieurement et appuyées par l'autorité. du nom de Ptolémée, le Périple indique brièvement ce qui a rapport à la navigation au delà du Gange, « dans ces pays que les tempêtes, le froid, et l^uel^e pouvoir surnaturel ferment à toute exploration 1'. »
Survient la chute de l'empire romain ; la prépondérance des Persans est établie dans les mers orientales, ou les ?^^^^^^fe Constantinople cberchent l'appui à^ ^^^^^^^S* '^^'^ époque, plus d'initiative dans 1^^^^^^^ plis de curiosité pour ce monde onent^^^P^m^ Cosmas au sixième siècle constate queCeylan est, comme dans le premier siècle, le rendez-vous où viennent se rencontrer , d'une part, les jonques chinoises; d'autre part, les bateaux persans et éthiopiens (2). Le commerce des soieries conserve
(4 ] Voici la phrase du Périple qut peint si bien la frayeur sapersiitieuee de cette époque ,: Ti M [iet4 tchItouî roi; rfnouî, Sii ts
îi;;tp6oî.i( );^ti[uîiviuv xal jt^you; [uyfaTO'Ji SuoSiTa iivca, sÏt: nal fttfa
Tiv) SuvipLii eefôv dcvEpE'JvTjTX foT'.v, GeoçTaphtà grœci tni'nofeA,
édit., Didot, p. 30G.
(!) ■ D'une pari, les jonques chinoisea ne dépassent pas l'Ile de n Cejlan cl la cAle orientale do l'Inde; de l'autre, chose singu- D lière, les navires persans et éihiopieni n'osent pas taire voile
■ ponr la Chine et l'arrélenl aux anciennes liwiles. Ce n'est qu'en-
■ viron deux siècles adirés que les navires arabes et persans s'ar-
■ mant décourage, se décident & franchir les yieilles barrières. ■