DEUXIÈME PARTIE. CH. II
sions à t'armée arabe et elles payent l'impôt; ilestv^ai que l'idole de Moultan n'a pas été brisée, elle est une source dit revenus pour Témir qui, tout en prenant à sa charge les frais du culte, s'applique sans scrupule les riches présents apportés à l'idole vénérée par la piété des Brahmes (1); et, en outre, elle est comme, une sauvegarde pour les Arabes 01. avec fa menace de la briser si Moiiltan était attaquée par les Indiens, éloigneiit toute entreprise contre cette ville (2). De sorte que la mansuétude et Tindulgence de Mohammed (3) ont eu pour motif d'assurer quelques ressources à sa petite armée si éloignée du centre de l'empire , et surtout de ménager à ses soldats le butin sur lequel ils avaient compté. Auprès de ces actes de modération, Beladori nous a conservé le récit des massacres faits à Brahman-Abftdh et à Moultan, et les détails du riche butin plié dans le Sind, et cette phrase de Hadjadj ^ le
(<) Chaîne des chroniques, p. <36.
(S) Ibn^Haukal, Géographie : traduction d'Ousçley, p. 149. Nous avons eu recours, quand cela a été possible, aux traduc<> lions partielles faites sur le texte original d'Ibn-Haukal : pour les chapitres qui n'ont pas été traduits, nous avons dû accepter l'abrégé d'Ibn-Haukal traduit du persan par Ouseley, bien qu'il n'ait pas une grande autorité aux yeux des orientalistes •
(3) Nous sûoimes peut-être injuste envers la lAémoire de Mohammed ben Cassera . M. Beinaud (Introduction à la géographie d'AbouIféda^ p. 342) et M. Sédillot {Histoire des Arabes^ p. 469) ont dit ses vertus et ses mérites : ils voudront bien considérer que BOUS écrivons Thistoire de la soie, et non Thistoire des Arabes.
gouverneur de i'Irac qui a envoyé Mohammed vers rindûs : « Nous avons assouvi notre colère et nous avons vengé notre injure ; il nous reste en sij^isoixante millions de dirhems avec la tête de HSker ({).>'
Aussi ce pays conquis n'est-il en réalité jamais possédé, : les souverains indiens se révoltent presque continuellement; la ifjppulation qui parait la mieux soumise et a admis Tlslamisme, retourne à Tidolâtrie dès que le Coran n'est plus enseigné par le musuli^n armé de son êi&ieterre ; les Zatt soutiennent au neuvième siècle une longue lutte contre Âmrou, sont assez forts pour tenter, comme diversion, une expédition vers les bouches du Tigre (2) : et, lorsque la plus grande partie de la nation a été transportée en Syrie*, dans le district de Waset et sur les frontières de TAsie mineure (3), quelques tribus se réfugient vers Tembou-
(k) fragments arabes et persans, traduits par M, Reinaud^ p. 201. Le récit de la conquête du Sind, par Beladori^ est la source à laquelle nous avons puisé.
(2) Fragments arabes et persans, traduits par M. Reinawd^ p. 204, note 3. — «Ce sont, nous fait observer M. de Goeje^ les Zatt » transportés dans les régions basses d^i Kaskar sur T^j^dre de » Hadjadj qui prospérèrent et se mirent à piller les navires qui » naviguaient sur le Tigre; si bien qu'au temps de Mamoun le » commerce entre Bava et Bagdad était \mi à fait intercepté. » Il faut donc bien se garder de confondre ces Zatt avec ceux de n riude. » C'est une observation que nous recueillons avec reconnaissance, mais bien entendu sans prendre une opinion personnelle.
(3) Nous sommes redevable de ce renseignement à M. de Goeje.
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chure de Tlndus, s'y maintiennent indépendantes dans
un état demi-nomade, et au onzième siècle, on les voit, héritières de la haine contre Tenvahisseur, attaquer Mahmoud à son retour de Soumenat (1 ) ; enfin la position des Arabes paraît si précaire aux gouverneurs, du Sind, qu'ils fondent la ville de Mansourah, ce pour assurer la retraite des musulmans en cas de danger et leur offrir une place de sûreté (2). »
Les guerres saintes de Mahmoud ne firent que rendre plus profonde la scission entre les Indiens et les Arabes. « Le terrible Gaznévide s'annonça comme voulant forcer les Indiens à abandonner leurs superstitions et à embrasser llslamisme. Toute population qui ne se «donnait pas au vainqueur était exterminée ; les hommes en état de porter les armes étaient massacrés ; les femmes et les enfants étaient faits escla-: ves (3). » Mahmoud pénétra dans l'Inde centrale jusqu'alors fermée aux musulmans, il s'en retourna rassasié de sang et chargé de richesses. « Mais le premier effet de ses cruautés î\4 de changer la réserve des Indiens à l'égard des étrangers en un sentiment d'horreur .qui n'admettait de ménagement d'aucun genre (4). »
Du septième au douzième siècle f ancien état des cho-
(4 ) Fragments arabes et persans, Introduction^ p . 24 .
(2) /6id.,p. 209.
(3)M.Reînaud,/nfroduc<«d7) à lagéographie d'Aboulféda.^.Hl.
(4)I6id.,p. 350.