DEUXIÈME PARTIE. CH. II
rét pour nous. Barodj (rancienne Barygaza) et la côte de Malabar ont des colonies importantes d'Arabes commerçants ; mais les soieries, qui autrefois y étaient transportées du haut Indus, ne figurent plus sur leurs marchés. La cannelle, le clou de girofle, la noix muscade, Taloès et surtout le poivre, V éclat des villes sui* vant Texpression sanscrite (1), tels sont les seuls produits dont les Arabes s'efforcent de s'assurer le trafi#en maintenant des relations amicales avec le roi du Malva. Bien loin d'y prendre des étoffes de soie, les na\ires qui arrivent de la Chine en débitant dans les ports de rinde méridionale, ainsi qu'àDaibal, port situé à l'embouchure de rindus (â) .
Nous nenous arrêterons donc pas plus bngtemps sur ces côtes indignes, tout hospitalières qu'elles sont* Le bâtiment qui nous a conduits de Kanfou à Koulam-Ma*^ lay a fait sa provision d'eau et acquitté son droit de passage (3) : il met à la voile pour le golfe Persique.
modifiés : rhlamisme, pacifiquemaat propcgi, obtint parini ces peuples de sérieuses et nombreuses conversions. H . Heiaaud in^diqae quelques-unes des différences profondes qui divisaient les peuples maritimes des peuples qui habitaient Tlade centrale - Relations de Veqfire vomaitk aoec VAsie orientale, p. 260,
(4) ,, fùtt maniUt emt€.'* StûWe. -^ „ fyinUUmt Ut 9ita^n, "
(t) Eirisi^ tom. i^ p. 461.
(3) Soleyman dit qie ehaque navire ehinois paye mille dirhems (à peu près mille francs), et que les autres navires moins lourds payent de un dinar (à peu piès tO fr.) jusqu'à dix. Chaine des chroniques f p. 45.
Sohar, sur les côtes de l'Oman, nous attend pour nous ravitailler : des caravanes s'y préparent qui emporteront dans l'Arabie et vers l'Egypte les étoffes ou les épices que nous déposons en passant. Nous-mêmes nous y prenons les fruits renommés et les parfums de rYémen(l).
Mais voici le terme de notre voyage : c'est Syraf, le grand marché de la Perse.
Le port vaste et commode de Syraf a été ouvert à la navigation par les Arabes, parce que « la mer, dans la partie septentrionale du golfe Persique est hérissée de bas-fonds, et que les bouches du Tigre sont d'un accès difficile à cause des sables qu'entraînent les eaux du fleuve (â). » 11 est devenu le centre du mouvement commercial qui unit le golfe Persique aux mers de rinde et de la Chine. « C'est à Syraf que se rendent les gros navires chinois venus de la haute mer, et les navires arabes partis de Bagdag et de Bassora (3j. Cette ville est le grand marché du Fars, dit Edrisi (4) : ses
(4) Edrisi, tom. i, p. 452. — M. Reinaud, Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans^ etc.^ Discours préliminaire, p. 84, tom. I, in-12.
(3) M. Reiaaud^ Introdu^kn à la géographie d'Aboulféda, p. 3S6.
(3) Belati(m des voy âges ^t\.z.^ Discours préliminaire, i^. 84,61 môme volume, p. 43 •
(4) Tom. I, p. 497* Edrisi a empruntl une partie de ces détails aux géograpbies de ses prédécesseurs. Ainsi Ihn-Haukal parle longuement des richesses et du^ luxé des habitants de Syraf, et de leur passion pour les entreprises maritimes.