‹ Histoire de la soieChapitre 66 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. II. U · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. II. U

voyageurs sur leurs épaules et font marcher ceux-ci devant eux, en les frappant avec un bâton, de peur qu'ils ne faiblissent sur ce sol brûlant et qu'ils ne s y arrêtent, ce qui entraînerait leur perte. Les voyageurs marchent toujours devant jusqu'à ce qu'ils atteignent l'extrémité de la vallée. Il y a en ce lieu des bois et des eaux stagnantes; en arrivant, ils se jettent dans l'eau afin de calmer la chaleur qui les embrase. Aucun animal ne peut s'engager sur cette route. Le trajet du Khorassan en Chine, en passant par les montagnes de sel ammoniac, est d'environ quarante journées, et se fait sur un sol tantôt cultivé, tantôt couvert d'eau, tantôt mou , tantôt sablonneux. Il y a ufie autre route où peuvent passer les bêtes de somme ; celle-ci exige quatre mois de marche environ, et l'on est obligé de se mettre sous la protection des tribus turques (1). » Les autres routes auxquelles Massoudy fait allusion n'ofifraient également, nous l'avons vu, qu'une sécurité relative.

Mais les périls des voyages, pas plus au dixième siècle qu'antérieurement au septième siècle, n'arrêtaient pas les commerçants. « Le même auteur arabe dit avoir vu à Balk un vieillard plein d intelligence qui avait fait plusieurs fois le voyage de Chine et toujours par terre. Il dit encore srvoir connu plusieurs personnes du Khorassan

(1 ) TraduclioD de M. Kemànd, Introduction à la géographie d'AbouIféda, p, 374 .

qui s'étaient rendues de la Sogdiane au Thibet et en Chine en passant par les montagnes qui produisent le sel ammoniac (1 ) . »

Une personne digne de foi raconte à Abou-Zeyd , qu'elle a vu en Chine un marchand de musc qui, parti de Samarcande, était venu, à pied, de ville en ville jusqu'à Khanfou (2).

Si donc Cotayba ^'arrête à la petite Boukharie, ce n'est pas, comme le suppose Abou-Éeyd (3), parce que « Tespace entre leSogd (la Sogdiane) et la Chine consiste dans un désert impraticable et dans des sables qui se succèdent d'une manière non interrompue, n'offrant ni eau, ni rivière, ni habitation. » Ce langage est celui d'un habitant de Syraf, d'uii marin auquel les voyages par mer paraissent seuls possibles. Plus d^unefois les armées chinoises ont franchi ce désert qui Tépouvante ; les armées musulmanes l'auraient également traversé : aucun obstacle n'avait ralenti leur marche victorieuse depuis leur départ de l'Arabie, aucun revers n'avait altéré leur confiance en elles-mêmes* Un ordre du kha^ life Walid, jaloux de son général, rappela les musulmans dans la Sogdiane.

Pour le commerce de la soie, c'était assez qUe les

(\) Reiûaud, Introduction à la géographie d'Albouféda, p. 374 .

(2) Chaine des chroniques^ p . 4 4 4 «

(3) Ibid,^ p. 444.

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