‹ Histoire de la soieChapitre 69 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. CH. II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CH. II

Il leur montre dans le paradis, séjour de tous ceux qui meurent pour la foi, toutes les jouissances qui peuvent tenter Thomme sensuel , parce qu'il les leur interdit dans ce monde (t), où il tolère seulement la pluralité des femmes (2). Il fait un commandement du jeûne, de la sobriété, de la prière fréquente (3) ; il sait quel

(4) « Pour prix de leur constauce, Dieu leur a douné le paradis » et des vêtements de soie. Ils s'y reposent, accoudés sur dès di- » vans ; ils n^y éprouvent ni la thaleur dû soleil iii les rigueurs du » froide Des arbres avoisinants les couvriront de leur ombra^ei et B les fruits s* abaisseront pour être cueillis sans peine. On fera cir- » culer parmi eux des Vàses d*argent^ et des coupes en cristal semn blables à l'argent et qu'ils feront remplira leur gré. Ils s*y dé- » salléreront avec des coupes remplies de boisson mêlée de gion gembre. Ils seront servis à la ronde par des enfants d*une éter- » nelle jeunesse; en les voyant on les prendrait pour des perles » défilées* Us seront revêtus d'babits de satin vert et de brocarts ; » ils seront ornés de bracelets d'argent. » Koran , ch. lxxvi, vers. 42 et suiv.

« Là seront de jeunes vierges au regard modeste que n*a jamais » loucbées ni bomme ni génie : elles ressemblent à Tbyacintbe » et au corail. » Ibid,, ch. lvi, vers. 46 et suiv.

Cette peinture du paradis, séjour des croyants, reparaît presque constamment, offrant le vin, les femmes et les soieries en abondance aux fidèles qui ont obéi au Prophète^ et s'en sont privés durant leur vie.

(î) a Si vous craignez d'êlre injustes envers les orphelins, n'é- » pousez que peu de femmes, deux, trois ou quatre parmi celles » qui vous auront plu. » Koran, ch. iv^ vers. 3.

(t La loi, observe M. Reinaud, permet aux musulmans nonn seulement d'avoir quatre épouses^ mais de cohabiter avec toutes » les esclaves qu'ils pourront se procurer. Il est rare qu'un homme » épouse quatre femmes à la fois. » Invasions deé Sarrasins en France, p. Î60.

(3) Koran^ ch, ti.

chaniie vont exercer sur l'enfant du désert et les ombrages et les jardins des riches vallées de l'Asie, eliarnie qui rendra bientôt les con([uérants sédentaires. Enfin, par la simplicité du vêtement, il veut prénmnir le musulman contre les dérèglements du luxe ; il défend aux hommes Tusage de la soie, ne le permettant quç pour les femmes. « Quiconque, dit le Prophète, s'est revêtu de soie '1' dans cette vie, bien certainement il ne s'en revêtira pas dans la vie future. » Et encore : « Celui-là seulement se revêt de soie qui n'a point part à la vie future. » Le lin, le coton et la laine sont les seules matières permises par la loi pour les vêtements des hommes ; une simple bordure en soie, ne dépassant pas la largeur de quatre doigts, est cependant tolérée 2).

Mohammed se conforme strictement à ces prescriptions : « Il portait, dit M. Dos&y ;3}, d'abord une chemise de coton blanche dont les manches allaient

(1) « La soie est regardée par les mahomélaDs comme impure n à cause que ce n^esl autre chose que la Ibave d*un insecte. » D'Herbeloi, Bibliothèque orientale ^ au mot Harir^ soie.

(î) Tous ces détails sont empruntés à M. Oozy, Dictionnaire des noms des vétemems chez hs Arabes, p. 5, 6 et 370. Amsterdam, 4845/in-4°.

Le Prophète a dit encore : « Ne vous vêtissez pas d'habits de » scié ou de brocart et n'employez pas des vases d'or et d'argent n sur votre table; les iufidèles ont ces biens dans cette vie, nous » les aurons dans l'autre.» M. de Goeje^ d'après un passage d'un

juriste.

(3) DiV'tionnaire des noms des vêtements chez les Arabes, p. 40.

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