DEUXIÈME PARTIE. CH. II
jusqu'au poignet ; il ajoutait à cette chemise un caleçon de toile. Sur la chemise et le caleçon, Mohammed ne semble avoir porté qu'un seul habit : c'était une djobbah^ longue robe en laine, bordée de soie et ouverte par devant ; ou bien c'était un kaftd, habit long et garni de boutons par devant. En d'autres occasions, il portait, au lieu de ces habits, un manteau d'une étoflTe grossière ; c'était ordinairement une bordah^ grande pièce d'étoffe de laine épaisse, brune et rayée, dont il s'enveloppait le corps. » Un jour il s'est revêtu d'un farrondj de soie dont on lui avait fait présent ; mais à peine a-t-il fait sa prière, qu'il arrache impétueusement ce vêtement, semblable par .la forme au kabâ^ et le rejette en disant : « Un farrondj de soie ne convient pas à un homme pieux (1). »
Le même rigorisme et la même simplicité sont observés par les premiers khalifes. Omar, venant pour recevoir la capitulation de Jérusalem, aperçoit des musulmans vêtus d'habits de soie : il ordonne qu'on déchire ces riches tissus provenant du pillage de la Syrie, et qu'on traîne dans la boue les coupables qui, en s'en vêtissant, ont enfreint la loi du Prophète (2). Toutefois, ces lois somptuaires prouvent que les soieries étaient en usage chez les Arabes ; et pouvaitil en être autrement ? L'Arabie n'avait-elle pas été de
(\) M. Dozy, p. 3î7.
(t) Lebeau^ Histoire du Bas^Empire, tom. xi, p. 245.