DEUXIÈME PARTIE. GH. I
les Arabes au delà du motit Tatirus ; c'est là qu'eut lieu la lutte sanglante contre lesTui^Cs; L'Asie Mifieure avait à souffrir et des dévastations occasionnées pAt les barbares qui assaillirent l'empire glrec du côté de Torient , et des déprédations auxquelles se livraient impunément les troupes grecques composées presque uniquement de mercenaires et habituées â île plus garder aucune discipline. Au milieu de pareilles conditions, nullemetit protégée d'ailleurs pdi* le gouvernement, uiie industrie tiouvelle ne pouvait chercher à se fonder. ^
Pour avoir trace d'une industrie séricidole sérieusement établie dans l'empire grec, en dehors de Id Sji-ie, il faut attendre le onzième siècle et chercher en Grèce : c'est dans le Péloponèse que se déroule le second acte, si nous pouvons parler ainsi, de la prospérité dé l'industrie de la soie dans l'empire byzantin.
Gibbon admet, il est vrai, que dès le règne de Justinien quelques éducations de vers à soie avaient été essayées en Grèce, et aucun témoignage ne contredit cette supposition. Toutefois il faut franchir un long espace de temps avant que cela devienne une véritable industrie : à la fin du dixième siècle au plus tôt appartient le tableau que l'éminent historien anglais a tracé des manufactures grecques (1).
(Vj Gibbon : The décline and fàll ofthe rorhdn efnpire^ liv. lui, p. 998.
Lorsque le commerce privé des étoffes de la Syrie eut besoin que Findustrie de la soie se propageât dans une autre contrée de l'empire byzantin, la Grèce était dans l'impossibilité de répondre à son appel. Ce beau pays, autrefois si florissant, était méconnaissable : les exigences du fisc et les charges trop lourdes imposées au^ colons avaient déterminé l'abandon de ragriculture ; d'autre part le dével(^pement de l'esclavage, la corruption des mœurs et l'oppression administrative avaient amené peu à peu la dépopulation de cette contrée appauvrie; la Grèce cessa d'intéresser Iç gouvernement qui ne voyait dans ses administrés que des contribuables à pressurer ; elle fut livrée sans défense aux invasions étrangères (1).
Dès la fin du sixième siècle, elle est occupée par les Avars. Dans une lettre synodale fort curieuse adressée à l'empereur Alexis I**", le patriarche Nicolas, énumérant les titres de l'église de Patras, rappelle que cette église avait été élevée par l'empereur Nicéphore I", vers l'année 807, au rang de métropole à la suite de la déli-
(0 Uhisloire de la Grèce au moyen âge a été admirablement développée par M. Finlay. Il est difficile de résumer avec plus d'érudition les causes qui ont préparé le succès des invasions successives dont la Grèce a été la victime, les résultats de ces invasions, et rinfiuence qu'a eue sur la société grecque moderne le mélange de tant de races différentes. Nous empruntons au chap. i de son ouvrage. Médiéval Greece and Trebisondy la plus grande partie des détails que nous donnons ici.