DEUXIÈME PAUTIE. GH. II
virons du Danube). Les marchands de l'Occident qui s'embarquaient sur la mer Caspienne et qui allaient débarquer à Djordjan. faisaient transporter leurs marchandises à Rey, et cette ville était comme devenue le marché du monde (1). » Aussi peut-on considérer cette ville comme le centre du commerce de l'empire^ asiatique arabe. Placée sur la route importante et de tout temps fréquentée qui conduit de la Perse à la Bactriane; elle acquiert de plus tout le bénéfice du transit qui s'établit entre l'Asie et l'empire byzantin par Trébizonde. Les caravanes qui viennent de Merw et de Balk, au lieu de déposer leurs marchandises dans les ports de la mer Caspienne, traversent le Tabaristan et continuent leur route vers Trébizonde, après s'être rencontrées à Erzerôum avec les caravanes qui viennent de la Syrie et de Bagdad : au retour, elles suivent le même trajet. Rey se trouve donc au . croisement des routes qui unissent le golfe Persique, la mer Noire et la mer Caspienne, et qui se prolongent vers le Khorassan .
Les contrées qui entourent la mer Caspienne au sud sont les plus riches de l'empire musulman ; c'est là que s'étaient développées les industries linière et coton-
(1 ) M . Reinaud : Introduction à la Géographie (VAboulféda^ p. 59, note 4. Ce passage est emprunté à Textrait qu'a fait M. Sprenger âa.K4tab-;el-BoldaD, ouvrage d*un auleur inconnu etqu*il a donné dans le Journal ofthe Asiatic Society of Bengale tom. xiv,p. 4Î6.
nière; ces! là que, i la fia du neuvième siècle, nous trouvons établie Findustrie de la soie.
De même que pour la Chine nous avons signalé dans les montagnes au nord du Hoang-ho la première apparition du ver à soie (1), de même pour l'Asie occidentale nous le rencontrons en suivant le 40* degré de latitude nord, dans les contrées où la chaleur est tempérée soit par le voisinage des montagnes, soit par celui de quelque mer. Les ramifications de THindou-Kouch, les monts Elbourg, les collines qui entourent la mer Caspienne et se relient à la chaîne du Caucase, tels sont les lieux qu'habite le ver à soie. Les provinces qu'il enrichit et qui produisent de la soie, dévidée ou filée, ce sont le Khorassan» le Djordjan, le Tabaristan, rÂderbaidjan,le Dilem,le Ran (â). Le 35* degré de latitude au sud et le 43* au nord limitent la zone de production.
On comprend maintenant pourquoi, en décrivant les relations commerciales entre la Chine et l'empire grec, nous avons fait tant de restrictions pour les temps pos-
(4) Uistoirede lasoie^ première partie, p. 4 2.
(2) Dans Pétat des revenus à la mort d'AI-Raschid, Ibn-Khaldoan fait figurer le Khorassan pour vingt-sept mille ballots d'étoffes, le Djordan pour mille bottes de soie, le Tabaristan pour six cents tapis, deux cents vêlements et cinq cents pièces d'étoffes. V Arabie, par Noël des Vergers^ p. 403.
Encore aujourd'hui les contrées que nous énumérons sont les contrées séricicoles de l'empire persan. On les traverse toutes lorsque Yan part de Tiflis et qu'on se dirige vers Merw en coniournaut la mer Caspienne au sud.