DEUXIÈME PARTIE CH II
Haukal(i) et Edrisi ; c'est la meilleure manière de Ifyr témoigner notre reconnaissance.
A Toster, dans le Khouzistan (Fancienne Susiane), on fabrique le dibadj (2) qui s'exporte partout : le khalife y possède un tiraz (atelier de broderie et de tissage). Pendant de longues années les voiles, que les khalifes étaient obligés de donner à la Kaâba (3), furent fabriqués à Toster.
(4) Nous résumons les rengeignements fournis par ces géographes, d*aprèsla traduction que M. de Goeje a eu la bonté de faire pour nous des textes arabes. Quant à Edrisi, c'est la traduction de M. Amédée Jaubertque nous avons consultée.
(2) M. Dozy menti onne^ Dictionnaire des noms des vêtements chez les Arabes^ p. 462, les étoffes de soie brochées d'argent qu'on tissait à Toster.
(3) « La couverture du temple de la Mecque^ au temps de l'i- » gnorance, c'est-à-dire antérieurement à Mahomet, consistait en » tapis de cuir. Omar et Othman revêtirent la Kaaba d'étoffes » coptes en lin; Hadjdjadj le premier la couvrit de brocart; pos- » térieurement les plus riches tissus furent consacrés à cet usage.
« Les victimes qu'on devait eacriûer étaient couvertes avec les » mômes étoffes : ces étoffes, ainsi que les tissus précieux offerts » parles pèlerins, étaient déposés dans le trésor du temple. Lors- » que, après les succès de l'islam, ce trésor se fut suffisamment » accru, on varia les voiles dont était couvert le temple vénéré : n ainsi le brocart rouge, l'étoffe copte et le brocart blanc se suc- » cédèrent à jours déterminés. Ces voiles étaient-ils hors de ser- » vicC) soit parce qu'ils s'usaient, soit parce que la piété des » fidèles les morcelait, un appel était fait par les gardiens du tem- » pie à la générosité des khalifes. Après les Abbassides^ ce furent » les sultans d'Ëgyple qui se chargèrent d'envoyer annuellement n les couvertures delà Kaaba. Coth'eddin raconte que les revenus i> de deux villages en Egypte furent spécialement affectés à l'achat
comme en Europe ^1), aidé les Juifs a subsister malgré les persécutions de tout genre ; ce sont leurs connaissances littéraires et scientifiques qui les aident à relever leur condition politique en Orient. Et dans cette nouvelle position quelle facilité ne devaient-ils pas trouver pour accroître leur importance commerciale et pour en étendre le bénéfice à leurs corréligionnaires en Europe !
Partout où il est question de soieries, du neuvième au douzième siècle, on reconnaîtra une colonie de Juifs. Suivant Abou-Zeid, il sont nombreux à Khanfou (2\ et dans Tile de Ceylan (3). Ibn-Haukal les montre à Debil, qui est un entrepôt du commerce arménien, à Itil, chez
{\) « Vivant sous un régime d*exception, placés par les lois en n dehors de l'Etat, les Juifs restaient pour ainsi dire staiionnaires » au milieu des bouleversements qui changeaient le sort desemn pires; leurs mœurs, leurs moyens d'existence restaient con-
» stamment les mêmes En exploitant le champ qu'on avait
n ouvert devant eux, ils cherchaient à acquérir par les richesses » la considération et le repos que les lois leur refusaient. A cet » égard, il ne leur était pas difficile de parvenir à leur but; le » commerce leur était presque entièrement abandonné; leurs rc- » latious avec TOricnt où les commerçants juifs étaient nombreux » et riches leur donnaient le moyen de faire exporter chez eux les » diverses productions du Levant. ... Les sociétés qu'ils formaient » entrç eux résistaient à tous les inconvénients qu'entraînaient » les guerres civiles : ils trouvaient dans chaque pays des lieux » sûrs pour déposer leurs marchandises, tandis que les autres » marchands étaient obligés de veiller, les armes à la main, à » leur sûreté. » Bédarride, p. .46.
(2) Chaîne des chToniques^ p. 64.
(3) Chaîne des chroniques t ^, \%^,