DEUXIÈME PARTIE. CH. II
qui sont partout recherchés , et des vêtements de toute sorte d'étofifes de soie (harir) (1 ).
Dans lepaysdeBerdha'a, en Arménie, on récolte en grande quantité de la soie, ibrisam, qu'on exporte en Perse et au Khouzistan. Les vers qui produisent cette soie vivent à l'état sauvage (2). L'exportation de Debil consiste en bizyoum, byssus, et surtout en Kermès (3).
Ispahan, dans le Djebal, est un centre de fabrication considérable. On en exporte des attabi (4), des waschj, des sikillatoun (5) , et d'autres étoffes de soie et de coton pour l'Irak, la Perse, les autres villes du Djebal (6), le Khorassan et le Khouzistan.
Le Tabaristan a sur le Djebal cette supériorité que non-seulement on y fabrique toutes sortes de soie, ibrisam, âes kisas de laine et des barracans admi-
{{) On remarquera avec quel soin AUIslakry et Ibn-Haokal distiDguent le cazz, ribrisam elle harir.
(2) Ce passage nous semble indiquer clairement que Tibrisam était la soie filée au fuseau, car les cocons des vers vivant à Tétat sauvage ne devaient être recueillis qu'après la sortie du papillon.
(3) Outre le kermès, couleur rouge qu'on tire d'un insecte, l'Arménie produisait aussi la garance.
(4) Cette étoffe, suivant M. Pascual de Gayaugos, tom. i, p. 5i , note 5, tire son nom de attab^ nom d'une des rues de Bagdad .
(5) C'est le siglaton du moyen Age. Voir M. Francisque Michel, hecherchesj etc., tom. i^ p« 220.
(6) D'Uerbelot, dans sa bibliothèque orientale, cite la ville de Conif située tout près d'Ispahan, comme une ville célèbre pour ses manufactures de soie. Les étoffes de cette ville auraient été nommées conmsb> de même que les velours fabriqués à Cathif, ville de l'Arabie heureuse, ont été appelés Cathifah.
rables , mais qu'on y récolte de la sme, ihrisam, ai grande quantité. Tous les autres pays s'approvisionnent de soie dans le Tabaristan, et nulle autre contrée, ni chez les musulmans, ni chez les infidèles, ne produit autant de cette matière première.
Cependant, on ne fait pas de graines de ver à soie (I) dans le Tabaristan. Chaque année on va à Djordjan chercher des graines qu'on importe dans le Tabaristan ; la qualité de la soie de Djordjan est en effet supérieure à la (jualité de la soie de Tabaristan. C'est dans la partie occidentale de la ville de Djordjan, celle nommée Bekradah qu'on s'occupe principalement de la production de la soie.
La tradition place plus au nord l'origine des vers à soie répandus dans le Djordjan et le Tabaristan, et les fait venir de Merw, la ville aux palais et aux jardins mwveilleux ; du temps d'Al-Istakry on exportait dans le Tabaristan des graines de vers à soie recueillies à Merw. Aussi la ville de Merw (2) doit-elle être citée comme un centre séricicole important : on y produit en quantité des cocons, cazz, et de la soie, ibrisam.
(4) Ce délail qu*OQ trouve dans Al-Istakry et Ibn-Haukal est une des prouves les plus convaincantes du grand développement qu'avait pris rindusirie de la soie dans les provinces musulmanes. Nulle part, dans l'empire byzantin^ il n'est question de vers à soie, et de graines de vers à soie.
(t) La ville de Merw était, suivant Nowairy, célèbre par ses molkans, étoffes mélangées où entrait de la soie. M. Dazy, Dict, des noms des vêtements chez les Arabes^ p. 143, note.