‹ Histoire de la soieChapitre 85 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE CH II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE CH II

C'est probablement de Merw que Nisabour, ville où Ton fabri€[ue beaucoup d'étofiPes de coton et de soie, recevait Fibrisam et le cazz. Les géographes arabes ne parlent pas d'une production de soie à Nisabour, mais des mtmufactures de cette ville (1) , et mentionnent l'exportation qu'elles faisaient de bizz^ byssus, ou d'étoffes en coton et soie, non-seulement dans les pays de rislam, mais encore dans les pays soumis aux polythéistes.

La soie et les soieries destinées à l'exportation étaient en partie apportées à Âsterabadh, ville où Ton produit, du reste, également de la ^oie, ibrisam, et qui, située sur le bord de la mer Caspienne, a un commerce maritime actif avec la Khazarie, le Derband, les Dailems, etc. Le reste des soieries, et c'était la plus grande partie, était répandu par les caravanes tant dans le commerce extérieur que dans le commerce d'exportation qui se faisait par la mer Noire et par la Méditerranée. C'est ainsi que peu à peu les soieries musulmanes remplacèrent les soieries chinoises, et que les contrées dont nous avons parlé , placées sur la route que de tout temps avait suivie le commerce avec la Sérique, supplantèrent ce lointain empire.

Cette concurrence n est pas'seule ; et la prospérité du commerce ou de l'industrie des soieries dans l'empire

(!) M. Dozy meniioDQe les brocarts de Nisabour. Ibid., p. $1!i, note.

musulman n'est pas limitée à Fancienne Perse ^ il faut en chercher la trace, en suivant les caravanes qui par Mossoul et Halep se dirigent vers Touest. Citons d'abord la Syrie, tant vantée et tant admirée par les Arabes ; il n'y est pas question, il est vrai, de production de soie, mais on y mentionne de célèbres manufactures et un très-grand commerce de soieries.

(( Damas, dit Edrisi (1), présente la réunion de divers arts utiles et de diverses industries : on y fabrique plusieurs sortes de vêtements de soie et surtout des brocarts d'un prix très-élevé et d'une perfection de travail inimitable. I] s'en fait une exportation considérable dans les contrées voisines et dans les pays lointains. Ces étoffes égalent ce qui se fait de plus beau dans l'empire grec, et rivalisent avec les productions les plus rares des fabriques dlspahan et de Nisabour. Soit qu'on considère les tissus d'une seule couleur, soit qu'on considère les tissus dans le genre des robes de Tennis, et en général, en tout genre de fabrication, il est impossible de rien voir de plus parfait que ce qui sort des mains des ouvriers de Damas. » Les chroniqueurs du moyen âge consacrent cette haute réputation de l'industrie de Damas, qui semble seulement dater des temps de la

(4) Tom. T^ p. 352. Quelques années plus tard. Benjamin de Tudèle parle de Damas comme d'une ville que fréquentent des négociants de tous pays : « Urbs ipsa omnium regionum mercato- » ribus frequentata. »Trad. deConst. L*Empereur,p. 55.

Page 1