‹ Histoire de la soieChapitre 86 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE. GH. II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. GH. II

domination musulmane, et dont les produits sont parvenus tard en Europe (1).

Ântioche est la ville où subsistent les traditions de rindustrie gréco-syrienne, bien que du septième au douzième siècle elle change souvent de maîtres. Guillaume de Tyr observe que sous la domination passagère des Musulmans, chaque fois qu'ils reprennent Antioche aux Grecs, le commerce et la pratique des arts mécaniques demeurent les occupations des anciens habitants, tandis que les conquérants ont seuls le droit de combattre et d'occuper toutes les dignités (2). Aussi, durant toute cette époque, la prospérité de l'industrie de la soie ne se dément pas à Antioche, non plus (pie le luxe de ses habitants. Lorsque lescroisés s'en emparent à la fin du onzième siècle, a ils trouvent une si grande quantité d'or, d'argent, de pierres précieuses, de vases magnifiques, de tapis et d'ouvrages en soie, que des hommes qui mendiaient naguère, pressés par la faim, devinrent riches tout à coup et nagèrent dans l'abondance (3) . » Quelques années plus tard, Edrisi dit : « Les marchés d' Antioche (4) sontflorissants, ses édifices magnifiques, son industrie active, son commerce prospère; ses res-

(4) M. Francisque Michel : Recherches sur le commerce^ etc. , tom.i^ p. 240.

(î) Will. Tyr. arch. hist. lib. v, Qesta Dei per Prancos,!^. 704.

(3) Ibid ^ p. 742. La traduction est celle de M. Guizot, CoU lectiondesmémoiresrelatifsàrHistoïredeFranceyiom. i, p. 247.

(4) Edrisi^ tom. ii, p. 134 .

ISS BlSTOlftE DE LA SOIE.

sources et ses prodoits bien connus. On y bbrique de belles étoffes de couleur unie, et de plus les ricbes tissus de soie moirée, les brocarts dits Destaurij Isfàhani et autres semblables. »

Niiihty l'ancienne ville frontière où se faisait le commerce des soieries entre la Perse et l'empire romain, doitètre nommée, elle aussi, parmi les villes industrielles de l'Asie occidentale : elle a des manufactures de beaux tissus. En outre, partout cette activité commerciale, qui commençait à s'établir sous la domination des Grecs, se maintient et se développe, et nous retrouvons en étudiant durant toute cette période le commerce des soieries, les mêmes noms qui déjà avaient apparu dans l'histoire de la soie.

« Des étoffes d'outre-mer, observe M. Francisque Michel (1), il en est peu qui soient citées aussi fréquemment que celles de Syrie par les romans du moyen âge. » On trafiquait de ces étoffes dans tous les ports de la Syrie, où des bazars nombreux étaient ouverts. Ainsi on voit le gouverneur de îrtpoK (aujourd'hui Trahies) envoyer aux croisés qui marchent vers Jérusalem, des chevaux, des mulets, des vases précieux et des soieries (2) ;«l le gouverneur d'^lccon (aujourd'hui

(1) Recherches sur le commerce, la fabrication et l'usage des étoffes de soie^ p . 347, tom . i.

(î) Will. Tyr. arch. hist, lib. vu, Gesta Dei per Francos, p. TJki. •^ Voici Ce que]dit Edrisi de Tripoli : a C'est l'un des eotrepôU de

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