‹ Histoire de la souveraineté; ou, Tableau des institutions et des doctrines politiques comparéesChapitre 5 sur 41 · I.K PEUPLE HEBREU · texte numérisé non relu

I.K PEUPLE HEBREU

« étaient tourmentés par leurs créanciers et qui avaient le » cœur plein d’amertume s’assemblèrent vers lui, et il fut » leur chef. Il y eut avec lui environ quatre cents hom- » mes *.» La tribu dans le pays de laquelle il alla d’abord camper était disposée aie livrera Saiil, et il dut chercher un refuse chez les Moabites et auprès d’un roi des Philistins. La cause de David, bien que favorisée par les prophètes et les prêtres, n’était donc nullement populaire ni nationale. Cela parut avec évidence après le désastre de Saiil. Sur les douze tribus, onze reconnurent pour roi Isboseth, fils de ce prince. La seule tribu de Juda choisit David pour régner sur elle. Une guerre civile longue et acharnée éclata entre David et le (ils de Saül. Après sept ans et demi de combats, Isboseth fut assassiné par deux de scs capitaines , et David fut reconnu roi par tout Israël , quoique la postérité de Saiil ne fut pas encore éteinte, a Tous les anciens d’Israël ^ vinrent donc vers le roi à Hébron, et David traita alliance * avec eux devant l’Eternel, et ils oignirent David pour roi » sur Israël *. » Ainsi David ne tint la couronne que du consentement de la nation exprimé par l’organe de ses anciens. Ici reparaît la doctrine du contrat , qui domine la législation religieuse. C’est en vertu d’un traité, d’une alliance conclue entre les anciens et lui que David est élevé au trône, comme Jéhovah est devenu le Dieu d’Israël par un pacte librement consenti. Le même principe sert donc de fondement à la constitution politique et à la constitution religieuse. L’une repose sur un contrat entre Dieu et le peuple ; l’autre, sur un contrat entre le peuple et le roi.

Malgré les discordes civiles qu’entraîna la compétition du trône , la royauté répondit à l’attente de la nation par la force et l’unité qu’elle imprima à sa politique extérieure. Saül avait remporté de nombreuses victoires avant la funeste

* Rois , I, ch. xxii. v. 2.

* Rois. Il, ch. v, v. S

HISTOIRK l)K LA SOtVKR AIXKTK.

bataille oii il perdit la v ie. David soumit les peuplades étrangères qui étaient demeurées campées nu milieu d’Israël , refoula les nations limitrophes , organisa régulièrement l’administration, les iinanccs et l’armée, mit des garnisons chez les peuples conquis , et assura ainsi la sécurité du territoire national. Son fils Salomon étendit encore ses conquêtes et porta au plus liant degré la puissance et les richesses des Hébreux. Mais ces avantages furent chèrement achetés, et déjà se réalisèrent sous les règnes brillants de ces deux monarques les terribles menaces de Samuel.

Plusieurs écrivains célèbres se sont efforcés de prouver que chez les Hébreux le pouvoir royal fut limité par des institutions protectrices de la liberté du peuple. Suivant eux, le grand sanhédrin, les tribunaux inférieurs, le pontife et les sacrificateurs , les princes des tribus, les chefs des cités et des familles auraient formé une aristocratie dont l’inlluence contenait dans de justes bornes l'autorité des rois. I.e peuple même aurait participé à la direction des affaires par ses assemblées; en sorte que l’on trouverait dans la Judée le premier exemple de ce gouvernement mixte, objet de radmiraliou d’illustres publicistes et poursuivi à travers tant de vicissitudes par la plupart des peuples modernes. C’est là une illusion qui, pour un esprit non prévenu, s’évanouit sans retour a la lecture des documents originaux de l’histoire hébraïque. En réalité, le gouvernement des rois hébreux fut le despotisme le plus illimité, et souvent la plus atroce tyrannie. La faute que le législateur avait originairement commise en négligeant de compléter les lois civiles et religieuses par des institutions politiques précises et tutélaires, cette faute dont les conséquences avaient déjà été si désastreuses pendant la période des juges , continua de peser de tout son poids sur la nation. Xi Samuel, lorsqu'il couronna Saiil, ni les anciens, lorsqu’ils oignirent David, ne surent la réparer, en se pré-

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