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CHAPITRE III

Télégraphes anglois.

Le télégraphe suédois étoit à peine établi, que le Gouvernement d'Angleterre en adopta un à peu près semblable, qu'il fit placer sur l'hôtel de l'Amirauté, en 1796. C'est une grille remplie de six volets très rapprochés les uns des autres { Planche XX VIT); le nombre des signaux primitifs de cette machine télégraphique est tellement circonscrit, qu'il est souvent nécessaire de donner plusieurs signaux pour exprimer une lettre :

les signes qui sont immédiatement placés à côté ou au-dessus les uns des autres, doivent se confondre, même dans un temps favorable, et il n’est pas nécessaire d’avoir recours aux effets que doit produire la fumée du charbon de terre, pour expliquer l'inutilité d’une sem-

blable machine. Aussi quelques gazettes ont-elles annoncé qu'il n’étoit possible de s'en servir que vingt-Cinq jours au plus dans une année. Il paroît qu'il a été changé; et nous croyons que celui qu'on lui a substitué est semblable au télégraphe qu’on voyoit à Plymouth en 1810 (Planche XXVTIT) : celui-ci n’a que trois volets qui ne tournent pas sur leur axe pour prendre une position verticale ou horizontale , mais que l’on glisse ou que l'on laisse tomber à volonté sur chacune des ouvertures de la grille. Ces volets, placés par ce moyen moins près les uns des autres dans quelques combinaisons, deviennent plus visibles; mais ils doivent encore se confondre lorsqu'ils se trouvent rapprochés; ils doivent d’ailleurs ne prendre de valeur que par leur nombre, et non par les différentes places qu'ils occupent dans le cadre , parce qu'il doit être très difficile, presque en tout temps, de juger assez bien l’espace qui se trouve entre eux pour établir des si-

gnaux sur des rapports qui doivent parottre aussi incertains à l'observateur. ( /Votes 9,et 10.)

Un officier anglois, qui a présenté luimême à l’Amirauté, en 1708, un modèle de télégraphe, assure qu'elle a rejeté plus de cent projets de télégraphe, après un examen fait avec soin par des commissaires choisis parmi les hommes les plus instruits (*”). Il falloit que ces télégraphes fussent bien mauvais, s’il faut en juger par celui dont le Gouvernement anglois se servoit en 1810 à Plymouth.

Il est bon d'observer que c’est chez la nation la plus. industrieuse du mondé que l’on tente en vain depuis trente ans de faire un bon télégraphe.

Ces efforts infructueux sont un argument bien puissant à opposer à ceux qui disent que les Anglois-ont inventé le télégraphe moderne; qu’un télégraphe est

(*) Voyez Treatise on Telegraphic Communications, by John Macdonal,

d'ailleurs une chose très facile à faire, puisqu'on en a fait de tout temps.

Nous ne savons pas si lon trouve, parmi les cent projets, ceux de machine télégraphique proposés à l’'Amirauté , qu'un membre de l'Académie de Dublin, .. M. John Coorke, a présentés à cette Académie en 1794, et qui sont décrits dans le sixxème volume des Transactions of the Iris academy. Le premier est uné modification du télégrapheé Chappe.

(Planche XXXI, Fie. x.)

Pour former le deuxième, M. Jobn Coorke suppose deux lignes horizontales tracées transversälement et parallèlement chacune à l'une des extrémités de l'espace compris entre le lieu où l’on donne et celui où l'on recoit les signaux ; ces lignes sont divisées par vingt-quatre intervalles égaux et correspondants sur chaque Ligne ; les vingt - quatre intervalles représentent les vingt-quatre lettres de l'alphabet : on place le signe, soit de nuit, soit de jour, sur la lettre qu’on veut in-

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diquer , et pour faire connoître à l’autre extrémité sur quel endroit il est placé, on élève , à une certaine distance du point de départ, un jalon qu'on promène à travers les lignes jusqu'à ce quil coïncide avec le signal; il doit être alors sur la ligne qui passe aux deux bouts par celle des lettres qu’on veut signaler. (Fig. à.) .

L'auteur conseille de se servir, pour s'assurer de la place du jalon , d’un micromètre placé dans un télescope. D'après la méthode donnée par Cavallo en 1791, dans les Transactions philosopkiques, cet essai n'est pas Île seul qu'on ait tenté en Irlande : il paroît qu’on s'étoit occupé il y a long-temps de télégraphie à Dublin. Nous trouvons encore, dans les Transactions de l'Académie de Dublin , un Mémoire lu à cette Académie en 1705 , dans lequel M. Edgeworth assure avoir, dès 1767, correspondu télégraphiquement, pendant la nuit, avec des lettres éclairées par des lampes, et qu'il avoit conçu le projet de se servir, pen-

dant le jour, des ailes d'un moulin à vent; ce dernier moyen lui a donné depuis lidée de faire une machine qu'il appelle tellélographe , composée d’un indicateur triangulaire dont la figure ressemble à celle d’une aile de moulin : ce triangle prend huit positions différentes dans le cercle qu'il décrit. |

M: Edgeworth emploie quatre machines à la fois , dont la première donne les unités ; la seconde, les dixaines; la troisième , les centaines; et la quatrième, les millièmes ; mais comme 1l ne. peut trouver, dans chaque tellélographe, quesept positions. suffisamment visibles, il ne peut exprimer les nombres 8 et 9.

On pourroit ne se servir que d’une seule machine à la fois, et alors le tellélographe, sil nétoit pas riche en signaux.

primitifs, seroit du moins d’une grande

simplicité. ( Planche XXX. )

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