CHAPITRE V
Télégraphes en Turquie et en Égypte.
L’amsassaneur du grand-seigneur a fait demander au Gouvernement françois un modèle de télégraphe pour son souverain : on pense bien que ce modèle est resté stérile à Constantinople.
Qui le croiroït? cependant c’est auprès du pacha d'Égypte que la télégraphie a trouvé un nouvel asile. Mohamed Aly a établi une ligne telégraphique d’Alexandrie au Caire; mais il a eu le bon esprit de ne pas chercher à inventer de nouveaux moyens ; il a tout simplement fait venir de France des modèles, et a chargé son architecte de placer les machines qu’il a fait construire, sur des tours élevées exprès pour les recevoir; et il a reçu, si l'on en croit son histoire, des nouvelles
d'Alexandrie au Caire en quarante minutes. (Vote 11.)
Nous avons peine à croire que les agents qu’il a chargés de cette opération aient pu choisir convenablement les stations de cette ligne télégraphique, parce qu'ils n’avoient aucune des notions préliminaires qui sont nécessaires pour un travail de ce genre. Mais les changements que l'expérience indiquera , pourront être faits successivement; et le vice-roi d'Égypte, qui met dans ses entreprises la persévérance d’une volonté ferme , aura donné un exemple que tous les souverains suivront un jour.
Ce n'est encore qu’en Afrique qu'une ligne télégraphique a été importée : on a fait des machines à signaux dans toute l'Europe et en Amérique ; on a même prétendu qu’on s’en étoitservi dans l'Inde:
mais nous ne croyons pas qu'il y ait de lignes télégraphiques établies ailleurs qu'en France, excepté en Angleterre, où la ligne de Londres à Plymouth n’exis-
tera pas long-temps, parce qu’elle est combinée d’après un système vicieux qui empêche le télégraphe d’être aussi utile qu'il pourroit l'être, même en Angleterre,