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222 NOTBS.
« ple, finiroient par devenir aussi hautes que « des cloches. Celui qui trouveroit le moyen « de rappetisser les figures dans la propor- « tion de l'éloignement, pourroit se vanter « d’avoir découvert un grand secret; mais,
« poursuit Kircher, je n'ai pas poussé mes
« expériences aussi loin que je l’aurois pu : « le temps et les moyens pécuniaires m'ont « manqué. Je crois cependant qu'on résou- .
« droit le problème, en établissant des sta- « tions intermédiaires pourvues chacune de « son miroir concave. La chambre où se « réfléchit l’image tracée par le miroir, doit « être le plus possible à l'abri de toute clarté, « afin que l’on distingue mieux les caractères « sur la muraille.
« On peut tracer les lettres sur le miror « avec de l'encre ordinaire ou colorée, mais « à rebours, parce que la réflexion renverse « l’image. On dirige d’abord, au moyen du « miroir , les rayons lumineux sur l'endroit « avec lequel on veut correspondre, et l’on « avance ow recule la lentille, jusqu'a ce «-qu'on soit arrivé au point convenable. Les
NOTES. 223 « caractères paroissent de la hauteur d’un « demi-pied ,. et toute la surface de la mu- « raille se trouve couverte d’écritures.
« Ce qu'il y a de surprenant, c’est que les « caractères se tracent avec la couleur même « de l'encre ou du liquide qui a servi à les « écrire. |
« Supposez qu'au heu de lettres de l’al- « phabet, vous veuilliez faire réfléchir votre « image ou celle d'un ami; vous vous met- « tez de profil devant le miroir, et votre sil- « houette.est reconnoissable à la plus grande « distance. Roger Bacon se faisoit voir ainsi «.à. plusieurs personnes dans différents en- «. droits, à la fois, et tous ses contemporains « le prenoient pour un sorcier. On peut, au « lieu d’écrire sur un miroir, tracer des fi- « gures sur un porte-objet, y appliquer des « prtites découpures à bras et jambes mo- « biles , comme, par exemple, des pantins, «et l'on peut enfin envoyer avec le même « appareil l'image des mouches et autres in- « sectes. qui. passent devant le miroir pour « se jeter sur le miel dont on a eu soin d'en-
« duire les bords. Si les mouches ou autres « petites figures sont garnies d’une aiguille « d'acier, et que l'on fasse passer un aimant « derrière le miroir , elles montent et des- « cendent , et leur image, réfléchie au loin, « présente. la même apparence.
« On peut, par le même moyen, indiquer, « à l’aide de chiffres , l'heure du jour tracée « ur un cadran.
« À peine, dit Kircher, avois-je décou- « vert ma nouvelle stéganographie , ou écri- « ture catoptrique, par la projection des « rayons du soleil, que j'ai brülé du désir de « produire le même effet pendant Ja nuit « avec une lampe ou une lumière artificielle.
« Je savois, par expérience, qu’un miroir « plan ne pouvoit pas servir à cet objet; j'ai « donc eu recours à un miroir concave : un « miroir parabolique seroit préférable, et il « faudroit aussi y joindre un verre paraboli- « que. Si la lumière placée entre le miroir et « la lentille couvre toute la surface du mi- « roir , les images tracées sur celui-ci passent « à travers la lentille, et se dessinent sur la
NOTES. 225 muraille, comme cela se feroit avec les rayons du soleil : mais la lumière en est infiniment plus päle que celle qu’on obtient en plein jour.
« On peut substituer au miroir un grand globe de verre : on écrit sur ce globe ; on place le flambeau à l’opposite de l'écriture, et l'image réfléchie, traversant le verre lenticulaire , se projette au loin dans l’inté-
rieur d’une chambre.
« Cette expérience est plus facile et plus sûre que celle qu'on feroit avec/le miroir concave , et opère aussi à des distances plus considérables. |
« Je pourrois, ajoute enfin Kircher, dire encore des choses innombrables sur la construction et l'emploi de cette machine ; mais je ne veux pas fermer la carrière à d’autres inventeurs, et je me conforme à cette maxime
« de Ménandre : .
‘O repos moxAa dAyois rois Aoyois.
Le sage dit beaucoup de choses en très peu de mots. »
COLA EVIL LS VAR LR VOD LAS LLOLELLS L'LLULS VALLE
Votcr le rapport tout entier fait par Condorcet, le 15 juin 1782, au nom des commissaires de l’Académie :
« Nous avons examiné , par ordre de l’Académie, un Mémoire présenté par dom Gauthey, de l’ordre de Citeaux, contenant un moyen de communiquer entre deux endroits très éloignés.
« Ce moyen, dont l’auteur s'est conservé le secret, nous a été communiqué, et il nous a paru praticable et ingénieux. Il peut s’étendre jusqu'à la distance de trente lieues, sans stations intermédiaires, et sans appareil trop considérable. Quant à la célérité , il n’y auroit que quelques secondes d'une ligne à l'autre.
Mais le temps dont on auroit besoin pour faire entendre le premier signe seroit plus long, et ne peut étre connu que par l'expérience ; et
cette expérience seroit peu coûteuse. Il n’est guère possible , sans l'avoir faite, de déterminer , même à peu prés, les frais de construction de la machine. Nous pouvons assurer seulement que si la distance étoit très petite, comme celle du cabinet d’un prince à celui de ses ministres, Pappareil ne seroit ni très cher, ni très incommode, et qu’on pourroit répondre du succès.
« Le moyen nous a paru nouveau, et n’avoir aucun rapport aux moyens connus et destinés à remplir le même objet.
« Nous déposons au secrétariat de }’Académie, un papier contenant le Mémoire de dom Gauthey, et les motifs de notre opinion sur la possibilité du moyen qu’il proposa. »
Fait au Louvre, ce samedi 1°" juin 1782.
Nous ne connoissons pas le moyen dont il est ici question : les commissaires affirment qu'on peut ‘s’en servir pour donner un signal à trente lieues, en quelques secondes. Ce ne peut pas être le son : des expériences faites avec exactitude nous prouvent que le son, fort ou
foible , ne parcourt que cent soixante - treize toises par seconde de temps.
Ce n'est pas la lumière, puisque Gauthey dit que les signaux partiront d’un endroit secret et clos, ni l’aimant, ni l'électricité ; Gauthey le déclare positivement.
Quel est donc ce moyen dont la réalité est attestée par des commissaires de l’Académie des Sciences ? Il nous semble que cette compagnie pourroït maintenant en prendre connoissance. Le rapport dit que Gauthey vouloit en garder le secret, pour eu faire kommage au gouvernement de sa patrie, qui pourroit le posséder exclusivement. Le vœu de l’inventeur ne sera pas rempli, si la découverte reste éternellement ensevelie dans les archives de l’Académie des Sciences , sans que ses membres mêmes puissent la connoître. Il y a quarante-deux ans que la découverte y repose : Gauthey est mort depuis plus de quarante ans; 1] n'avoit point d'héritier, puisqu'il étoit moine ; on ne connoît point ses parents; on n’a point entendu parler d'eux; la prescription seroit en pareil cas un droit
NOTES. 229 suffisant pour s'emparer de toute propriété, même foncière.
D'ailleurs seroit-ce nuire aux héritiers que de tirer de la poussière une portion de l’héritage de leur parent qui y reste enfouie, et de les mettre à même de la faire valoir ?
car, si On ne peut pas tirer parti du moyen de Gauthey quand :l sera connu, ses parents n'auront éprouvé aucun préjudice de sa publication ; mais si l'on peut en faire une application utile, le Gouvernement sera à portée de leur donner une récompense équivalente à celle que Gauthey auroit reçue luimême ; et la France ne sera plus privée des immenses avantages qu'elle peut retirer d’une découverte telle que celle qui est annoncée dans le rapport des commissaires de l’Academie. |
tete ete atbatetet ttetetetabatete et tot tete tata nat te A ES
« Toutes les couleurs, dit M. Prony, dans un rapport fait par lui à l’Institut , sur le projet du télégraphe de Laval, se réduisent à deux sortes, lorsqu'on les observe à la distance de quinze à vingt mille mètres : le blanc, pour les surfaces planes éclairées par le soleil; le noir, pour tous les corps qui sont à l'ombre, fussent-1ls peints en blanc. D'où il résulte que les couleurs des signaux .de pavillons ne peuvent que très difficilement être aperçues à la distance de ttois quarts de lieue, parce que le mouvement produit par les courants d'air, les présente successivement et alternativement aux rayons du soleil et à son ombre. Les brumes et le mirage, qui sont très fréquents à la mer , apportent aussi un grand obstacle à la reconnoissance des signaux de pavillons, dont on n’apercoit plus que les
NOTES. 231 masses déformées et sans couleurs. Ces formes disparoissent aussi, même par le plus beau temps, lorsque la direction des vents présente les pavillons de champ, et lorsque le calme empèche leur développement. »
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