Récit de Pétion lui-même
5. Nous suivons, pour tous les événements qui se passèrent aux Tuileries dans la nuit du 9 au 40 août, les récits de Rœderer, procureur-général-syndic ; de Dejoly, ministre de la justice; de Pétion, maire de Paris, et de J.*-J. Leroux, officier municipal; tous quatre témoins oculaires. (Voir la note XIII à la Gn du volume.) Nous avons naturellement contrôlé ces récits les uns par les autres.
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maire, dont il avait réclamé la présence, lui écrivait sui la table même du conseil. En ce moment, Pétion survient accompagné de plusieurs officiers municipaux, notamment de MM. Boucher-René, Borie et Therrin. Le roi interpelle le maire avec brusquerie : » Il parait qu'il y a beaucoup de mouvement? » — « Oui, sire, répond Pétion, la fermentation est grande. » 11 ajoute quelques phrases banales sur le zèle qu'il a mis à venir, dans ce moment décisif, veiller en personne à la sûreté du roi et de sa famille. A ces protestations de dévouement, Louis XVI répond d'une manière affectueuse. Pétion se hâte de rompre l'entretien et se dirige vers la porte sous prétexte d'aller visiter les postes intérieurs et extérieurs; mais , au moment de sortir , il se trouve face à face avec Mandat.
Le loyal soldat arrête l'hypocrite magistrat et lui demande pourquoi les administrateurs de police refusent des cartouches à la garde nationale pendant qu'ils en délivrent aux Marseillais. — « Vous n'étiez pas en règle pour en avoir. » — Mandat insiste, Pétion s'embarrasse de plus en plus dans ses réponses évasives; le commandant général lui coupe la parole : « Je n'ai que quatre coups à tirer , et encore un grand nombre de mes hommes n'en ont-ils pas un seul ; mais c'est égal , je réponds de tout, mes mesures sont bien prises. »
Pétion, se souciant fort. peu de continuer un dialogue ainsi engagé , se retourne ver^ Rœderer 2 « Ne venezvous pas avec moi? lui dit-il ; il fait étouffant ici, je vais descendre pour prendre l'air. » Le procureur-généralsyndic, qui attend des nouvelles de ses collègues du