‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 120 sur 262 · LIVRE VII. tî · texte numérisé non relu

LIVRE VII. tî

Des fédérés annoDcent qu'ils vont se reunir sous les drapeaux du faubourg Saint-Antoine pour défendre et sauver la patrie; d'autres, joignant Taction aux paroles, arrivent tant à pied qu'en fiacre. On les accable de témoignages de sympathie.

Ces adhésions , plus ou moins factices, plus ou moins nombreuses , ne font pas illusion aux meneurs. Ils sentent que le mouvement ne s'accentue ni ne se développe. En effet , à l'exception de cinq ou six sections très-fortement engagées dans le mouvement révolutionnaire (les Lombards, les Gravilliers , Mauconseil, les Gobelins, le Théâtre- Français et le faubourg Poissonnière) , toutes les autres hésitent ou se déclarent énergiquement contre le projet des Quinze-Vingts.

La plupart des sections ouvrent leurs séances entre huit et neuf heures du soir, et commencent par entendre la lecture de la lettre municipale, dont nous avons parlé. Le meilleur accueil est fait à cet appel à la concorde, ainsi qu'aux délégués qui viennent le sou^ tenir *.

Dans la section Grange-Batelière, on est si éloigné d'approuver les menaces des Quinze-Vingts qu'un membre propose de présenter une adresse à l'Assemblée nationale pour lui témoigner l'indignation que les citoyens ont éprouvée en apprenant que , la veille, des représentants du peuple ont été outragés. Mais cette section peut être taxée d'aristocratie ; il n'en est pas de même de celle de

4. Procès-verbaux des sections du Louvre, de TOratoire, du Ponccau, de la place Vendôme, de Montreuil, de Popincourt.

lâ Fontaioe-de-Grenelle. Depuis que ses principaux habitants ont émigré ou se cachent, elle est menée par de petits commerçants, que le mauvais état de leurs affaires a rendus furieux, et s'est souvent distinguée par son exagération démagogique. Apprenant que les Quinze- Vingts persévèrent dans leur arrêté du 4, elle leur envoie des commissaires, pour « leur démontrer les dangers qui peuvent résulter de la démarche qu'ils se proposent de faire cette nuit. » Dans le faubourg Saint-Jacques, on ne se montre guère mieux disposé à s'insurger. Si la section des Gobelins manifeste , comme toujours , des opinions franchement révolutionnaires, Sainte-Geneviève, le Jardin-des-Plantes et l'Observatoire restent parfaite^ ment tranquilles. Aux invitations pressantes que les Gobelins adressent à leurs voisins de Sainte-Geneviève, ceux-ci répondent qu'ils n'ont point reçu les ordres d'Acloque et qu'ils se conduiront exclusivement d'après les indications de leur chef de bataillon, dont les opinions modérées sont bien connues. Montreuil et Popincom^t ne paraissent pas non plus vouloir seconder leurs frères du faubourg Saint-Antoine dans leurs projets insurrectionnels ^.

Cependant les Quinze-Vingts dépêchent des affidés dans tout Paris pour répandre et ap{»uyer leurs arrêtés. Les meneurs de Mauconseil, des Lombards et du Théâtre- Français expédient également, d'heure en

1. Osfielin, dans son rapport à TÂssemblée, déclare qu*il a trouvé à Montreuil six cents citoyens qui Tont écouté dans le plus grand silence, et qui ont accueilli avec faveur la circulaire paciûque de la municipalité.; à Popincourt, il a trouvé les mêmes sentiments.

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