‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 170 sur 262 · LIVRE YIII · texte numérisé non relu

LIVRE YIII

au-dessous des fenêtres des grands appartements, font signe aux Suisses de venir les rejoindre et leur prodiguent des démonstrations de paix et d'amitié.

Les Suisses, qui ne demandent pas mieux que de ne pas engager un combat aussi inégal qu*inutile, jettent quelques paquets de cartouches par les fenêtres, indiquant qu'ils n'ont aucune envie de tirer sur le peuple. Pendant qu'une partie des émeutiers se bousculent en riant pour ramasser les cartouches, quelques insurgés plus déterminés pénètrent dans le vestibule, afin d'apprécier les dispositions militaires prises à l'intérieur du Château, ou d'activer la séduction des Suisses, qui paraît si heureusement commencée.

Dans ce moment suprême, arrêtons-nous un instant et jetons un coup d'œil sur les forces en présence.

Sept cent cinquante Suisses sont restés au Château; cent cinquante seulement ont accompagné Louis XYI à la salle du Manège. Un grand nombre d'amis du roi l'ont immédiatement suivi ou sont allés le rejoindre. A peine est-il resté cent gardes nationaux, dont vingt-huit du bataillon des Filles-Saint-Thomas ^.

Les intentions des Suisses sont des plus pacifiques : ils n'ont aucune injure personnelle à venger; ils n'ont plus à défendre la famille royale, puisqu'elle vient d'a-

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