LIVRE VIII
SOUS le nom de Marseillais, viennent d*arriver à Paris pour y renouveler les meurtres de la glacière d'Avignon?
Nous le demandons à tout homme impartial, s'il se produit un conflit, de quel côté viendra le plus naturellement la provocation? jusqu'où devra pousser la patience et l'abnégation une troupe brave, disciplinée, mais acculée dans ses derniers retranchements , qui ne demande qu'une seule chose, c'est qu'on ne la déshonore pas en lui faisant rendre les armes, en lui faisant abandonner un poste dont elle ne peut être relevée, d'après toutes les lois militaires, que par les ordres mêmes des chefs qui le lui ont confié^?
4 . Pour le récit do ce qui so.passa aux Tuileries après le départ du roi, Dous ne nous sommes appuyés que sur des dépositions émanant de témoins oculaires. Comme ces témoins appartiennent aux deux partis, nous avons dû naturellement les contrôler les uns par les autres. Nous avons écarté avec soin tous les récits que Ton trouve dans les mémoires, histoires et journaux, oii les exploits les plus fabuleux et les plus invraisemblables sont racontés avec une incroyable impudence.
Ces témoins oculaires, les seuls dont les dires nous paraissent devoir être invoqués, sont : d'une part, le capitaine PryfTer, qui survécut au massacre des Suisses et rentra dans sa patrie, et les lieutenants Diesbach et D'Ernest, massacrés le 2 septembre à l'Abbaye, dont nous avons retrouvé les interrogatoires datés du jour même de leur assassinat; d'autre part, le Marseillais Loys et le capitaine decanonniers Langlade, dont les dépositions furent imprimées par ordre de l'Assemblée, quelques jours après le 10 aoOt. Deux autres témoins oculaires , Westermann et Granier, n'ont pas laissé de relations signées d'eux, mais ils ont évidemment inspiré les récits de Pétion et de Darbaroux, dont ils étaient les amis et les conGdents. En fm, nous avons retrouvé le récit d'un autre témoin oculaire, le capitaine Jardin, adju-
 la tête des insurgés qui s'engagent sous le vestibule sont Westermann, Granier, commandant en second du bataillon marseillais, Langlade, capitaine des canonniers, qui ont passé la nuit à côté des Suisses, dans les cours des Tuileries. Ils montent le grand escalier, et, suivis de quelques fédérés et gardes nationaux, ils pénètrent jusqu'à la porte de la chapelle^ sans être arrêtés par les sentinelles rangées sur chacune des marches. <( Au nom de Tunion, » ils somment les Suisses de se rendre, en leur promettant la vie sauve.
Westermann, pour se faire mieux comprendre, harangue les soldats en allemand, et cherche à les animer contre leurs officiers, qu'il accuse de vouloir les foire battre quand même.
Le sergent Blazer lui répond : u Nous sommes Suisses, et les Suisses n'abandonnent leurs armes qu'avec la vie. Nous ne croyons pas avoir mérité un tel affront. Si on ne veut plus du régiment, qu'on le renvoie légalement; mais nous ne quitterons pas notre poste et nous ne nous laisserons pas désarmer. »
Westermann et ses compagnons, désespérant de rien obtenir, se retirent, et plusieurs officiers suisses, Durler, Reding, Zimmermann, courent faire placer des barres de bois en travers de l'escalier, pour empêcher que de
dant-major du bataillon des Filles-Saint-Thomas; nous le donnons à la fin de ce volume, note XIV: il est fait évidemment pour être agréable aux vainqueurs.
4. La chapelle, depuis transportée dans une autre partie du Cbà^ teau, était, on 4792, placée à la hauteur du premier repos du grand escalier.
ift.