‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 174 sur 262 · LIVRE VIII. an · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. an

et d'autre. Les Suisses ne cherchent qu'à conserver les postes qu'ils occupent; les assaillants tirent de très-loin, et se tiennent presque hors de portée de la mousque* terie.

Mais c'est de l'Assemblée que va être expédié l'ordre qui précipitera le dénouement de la lutte engagée.

Rœderer était resté à la barre pendant tous les pourparlers auxquels avaient donné lieu l'entrée du roi, le refus de l'Assemblée de délibérer en sa présence, et l'installation de la famille royale dans la loge du Logographe. Lorsqu'il fut permis au procureur général de prendre la parole, il exposa « les causes de l'événement du jour. » Dans une circonstance où toutes les minutes étaient si précieuses, il fit un exposé officiel et détaillé de ce que chacun savait aussi bien que lui. La seule nouvelle , encore ignorée dans la salle du Manège fut donnée par l'officier municipal Borie : « On nous annonce à l'instant, dit-il, que le Château est forcé, que les canons sont braqués dessus et que le rassemblement se propose de le faire tomber à coups de canon ^; » un officier

4. La place que la nouvelle si importante donnée par Borie occupe dans le procès-verbal de TAssemblée permet de préciser parfaitement rintervalle de temps qui s'est écoulé entre le premier envahissement des cours du Château et le commencement de la lutte.

U est hors de ^oute que plus de trois quarts d'heure s'écoulèrent entre le moment où les portes donnant sur le Carrousel furent forcées

de la garde nationale ^ ajoute : a Je suis chargé en ce moment de la garde du Château, les portes en sont forcées, je demande que l'Assemblée m'indique la marche que je dois tenir; il y a des citoyens qui sont là près d'être égorgés, »

(( Puisque la municipalité est sans force, puisque le département est sans force et que toutes les autorités constituées sont réunies dans l'Assemblée nationale, je demande, dit Lamarque, que l'Assemblée nationale nomme dix membres qui s'exposeront aux premiers coups, ^t on en porte. Je sollicite l'honneur d'être le premier de ces membres. » — « Je propose cette rédaction, interrompt Lejosne : « L'Assemblée met sous la sauvec( garde du peuple de Paris la sûreté des personnes et des (c propriétés. Elle charge vingt de ses membres de se

(suivant TexpressioD de Borie), et celui où les Suisses, ne pouvant plus résister autrement aux agressions des émeutiers, se virent contraints de faire usage de leurs armes.

II fallut un quart d'heure au moins aux insurgés et aux canoaniera» devenus leurs alliés, pour faire sortir les pièces des cours intérieures, les braquer contre le Château ; il fallut au messager, en le supposant aussi zélé et aussi prompt que possible, un quart d'heure pour aDer du Château à la salle du Manège, pénétrer, au milieu de la foule couh pacte qui encombrait les abords de cette salle, jusqu'à Roederer et k Borie ; enfin, d'après les incidents relatés au procès-verbal, il s'écoula au moins encore un quart d'heure entre l'annonce de la nouvelle donnée par Borie et les premiers coups de feu qui commencèrent la lutte.

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