‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 37 sur 262 · LIVRE y · texte numérisé non relu

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violemmeDi repoussée par la droite; celle-d ne veut pas d'un pardon injurieux pour le défenseur de Tordre et à& la ConsUtutioii.

La motioD est donc écartée à Tunanimité par la qaesti(m préalable, et la séance se passe tout entière à entendre les CH^teurs de la gauche qui traitent le général de dtoy^i dangereux, d'intrigant coupable, de nouveau Mùnk; ils évoquent à chaque instant les souvenirs du 17 juillet 1791, de ce jour où La Fayette, suivant eux, avait, de propos délibéré, fait égorger les patriotes au Champ de .Mars.

Le lendemain, 21 juillet, Lasource rouvre la discussion par un discours longuement étudié : « Je viens briser une idole que j*ai longtemps encensée, s'écrie-t-il. Je viens vous dénoncer celui qui, « divorçant avec la liberté que jadis il avait épouséç en Amérique, » a quitté son année pour venir « attaquer la faction jacobite. » Par faction jacobite qu'entend-il? « Serait-ce la masse imposante des amis de la liberté? Serait-ce la majorité même du corps législatif? Digne émule de Bouille, La Fayette tient le même langage que les conspirateurs d'outre-Rhin. Il a les mêmes vues, il forme les mêmes vœux que l'ennemi contre lequel, lui général, il est tenu de porter les armes : comme Léopol(^et Kaunitz, il veut défendre le roi contre cette prétendue faction jacobite. •• Il vient nous parler d'anéantir le règne des clubs, lui qui a transformé en club son armée ! ... Eh bien ! moi, je vous dénonce La Fayette comme employant toutes sortes de moyens pour aveugler, pour tromper, pour séduire les soldats. La Fayette a voulu faire marcher des troupes

vers la capitale et engager le brave Luckner, qui a été inébranlable, à partager cet acte de scélératesse et de haute trahison. La proposition en a*été faite à Luckner par M. Bureaux de Pusy. J'invoque ici le témoignage de ceux de mes collègues auxquels cet exécrable projet a été révélé en même temps qu'à moi : ce sont MM. Brissot, Guadet, Gensonné, Lamarque et Delmas ; je demande qu'on interpelle le maréchal Luckner lui-même, et s'il reste le moindre doute sur l'exécrable attentat dont j'accuse ici La Fayette, je consens à être moimême aussi vil , aussi coupable, aussi sévèrement puni, aussi exécré que ce traître dont le nom seul me fait frémir. »

La gauche attendait le plus grand effet de cette dénonciation, mais l'Assemblée n'y prête d'abord qu'une médiocre attention. Dumolard, quoique souvent interrompu par les rires et les murmures des tribunes, prend énergiquement la défense de La Fayette.

« Pourquoi le général ne pourrait-il pas pétitionner comme tout autre citoyen? C'est précisément pour empêcher que son armée ne délibère, ce qui eût été illégal, qu'il est venu, en son nom propre, exprimer à Paris ce qu*elle pensait. La Fayette s'est présenté à la barre de l'Assemblée, seul |t désarmé. Comment a-t-on pu le comparer à César passant le Rubicon? Cependant la calomnie, avec art organisée, a voulu voir un crime dans cett3 démarche ; les perturbateurs, accusés par l'ami de la liberté constitutionnelle, ont ameuté ce qu'ils nomment le peuple. »

La gauche interrompt violemment. «Et moi aussi»

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