‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 38 sur 262 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

je respecte, j'honore le peuple, s'écrie Dumolard. — Eh ! bien, il ne vous estime pas! » lui réplique insolemment Bazire. Dumolard dédaigne de relever celte étrange interruption et reprend ainsi :

« Oui, je respecte le peuple, je vois en lui mon souverain. Mais je ne reconnais pas le peuple dans les orateurs de café et de place publique ; dans les folliculaires, «dont la plume ne trace que des caractères de sang et dont l'imagination ne se repait que d'atrocités; dans ces hommes sans moyens d'existence connus, sans profession déterminée, qui sont moins une partie intégrante du corps social, qu'une lèpre honteuse qui le dévore et le consume. Voilà ceux qui mettent en mouvement et qui dirigent une multitude crédule; voilà ceux qui ont découvert l'art de justifier les crimes et de légaliser les émeutes ; voilà ceux qui se trouvent réunis pour composer cette prétendue opinion publique qui condamne La Fayette*. »

Ici se produit un véritable soulèvement des tribunes. Le président menace de sévir contre elles. — « Ne faites pas attention, s'écrie un montagnard, c'est une femme qui pleure son fils massacré au Champ de Mars ! »

Tome, le fameux évêque constitutionnel du Cher, succède à Dumolard; il dirige les plus vives attaques contre La Fayette et fait le plus pompeux éloge de la journée du 20 juin. Voici l'étrange description qu'il en donne :

« Un peuple nombreux s'assemble en armes pour ce-*

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