LIVRE V
daigner répondre à la harangue du prélat montagnard, les amis du générai La Fayette demandent à àlfer aux voix. Mais la gauche veut prendre le temps de donner un corps à la dénonciation annoncée par Laso\irce. En effet, si cette dénonciation était admise, La Fayette ne serait plus un général coupable seulement d*une démarche imprudente, mais un conspirateur pris en flagrant délit de machination contre la sûreté de l'État, dénoncé par un frère d*armes qui n'aurait pas voulu s'associer à ses projets liberticides.
Les tribunes étaient remplies de soi-disant fédérés. Depuis le commencement de la séance, Forage grondait; après le discours de Tome, il éclate. Le président est
puisqu'il se servit en pleine Assemblée des mêmes expressions que l'ignoble foliculaire. Nous avons retrouvé deux éditions de cet écrit. Nous en citons ici tout ce qui peut en être honnêtement extrait, pour faire deviner le reste :
Description de la ménagerie royale d'animaux vivants, établie aux Tuileries, près de la terrasse nationale, avec leurs noms, qualités, couleurs et propriétés.
c D y a quelque temps qu'il existe dans le château de Henri IV une ménagerie véritablement curieuse, tant par la rareté des animaux qui la composent que par la dépense excessive que son entretien coûte à la nation.
t Le public a examiné les bétes féroces qui étaient dans leurs cages respectives dans le parc de Versailles. Il peut voir plus commodément, et sans se déranger beaucoup, une quantité de quadrupèdes rassemblés au Louvre. Nous allons citer les plus remarquables de ces bétes féroces, indiquer leurs habitudes et leurs inclinations, leur manière de se nourrir et leurs propriétés, i
Suit la description du royal Veto, du royal Veto femelle, du Delphinus, de la Madame Royale, d'Elisabeth Veto, etc., etc.
obligé de se couvrir, les perturbateurs n'en continaeDt pas moiDS leur effroyable désordre. Le président menace de faire sortir par la force les habitués des tribunes et leurs* amis des départements; mais d'eux-mêmes ils se précipitent hors de la salle en vociférant.
Dans r Assemblée, Témolion est à son comble; on s*attend à une invasion de la populace. Un grand nombre de députés s*écrient : « Nous saurons mourir à notre poste! Nous ne pouvons plus délibérer ici, la liberté des opinions est violée; il n*y a plus d'Assemblée nationale ! »
Mais le président, Aubert-Dubayet, apaise le tumulte en rappelant à Tordre les membres qui viennent d'exprimer des craintes. « L'Assemblée nationale, ditr-il avec calme, ne peut cesser d'exister un moment; elle saura aller siéger partout ailleurs dans le royaume. — Oui, crie Calvet, nous saurons braver les Autrichiens et les Prussiens; allons, s'il le faut, à Maubeuge; mais nous ne pouvons rester plus longtemps dans un lieu où l'on ne respecte plus ni la loi ni ses organes ^. »
Enfin, le président peut se découvrir; la séance se rouvre et l'on demande la clôture de la discussion.
Mais Guadet s'empare de la tribune et vient déposer sur le bureau une dénonciation en règle contre La Fayette.
<c Quelques membres de l'Assemblée nationale ayant eu l'occasion de voir M. le maréchal Luckner, le 17 juillet au soir, chez M. l'évAque de Paris, et lui ayant demandé s'il était vrai qu'on lui eût proposé, de la part de M . La Fayette,