‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 41 sur 262 · Journal des Débats et Décrets, o» «99, p. 304 et · texte numérisé non relu

Journal des Débats et Décrets, o» «99, p. 304 et

LIVRB V. SI

de marcber sur Paris avec sod armée après révénemeoi du 20 juin, M. le maréchal Luckoer a répondu eu ces termes:

« Je De nie pas : c*est M. Bureaux de Pusy, celui qui « a été, je croîs, trois fois président de TÂssemblée

■ nationale. Je lui ai répondu : Monsieur, je ne mènerai « jamais Tannée que je commande que contre les enne- « mis du dehors. La Fayette est le maitre de faire ce « qu*il voudra; mais s*il marche sur Paris, moi je mar- 0 cberai sur lui, et je le dauberai. H. Bureaux de Pusy « me dit alors : a Mais la vie du roi est en danger ! »

■ Voilà ce qu*il m*a dit, et ils m*ont fait d'autres propo- « sitions qui sont bien plus horribles. »

0 Telles sont les propres expressions de M. le maréchal Luckner que nous avons entendues et que nous attestons^. »

Aussitôt après la lecture de cette pièce, Girardin demande que Guadet la signe sur le bureau des secré* taires ; ce que fait Guadet, et son exemple est suivi par Brissot, Gensonné, Lamarque, Lasource et Delmas.

La droite, néanmoins, insiste pour que Ton prenne immédiatement une décision sur le rapport de la commission des douze, sauf à revenii^ plus tard et après information, sur le nouveau grief imputé au général. Mais la discussion est brusquement interrompue par un des officiers de garde, qui vient annoncer au président qu'une

4. Copié sur roriginal même, signé des six députés; les comptes rendus du Journal des Débats et Décrets et du Moniteur présentent quelques variantes.

masse éDorme d'indiTidus se porte vers le diâteau et vers TAssemblée. On enteDd sonDer le tocsin à Saintr- Roch. Au moment même parait le dieu qui apaise les tempêtes, le maire Pétion^.

« On a craint un mouvement, ditr-il; je suis intervenu, tout est calme. Plusieurs citoyens, il est vrai, voulaient entrer au jardin des Tuileries; je m'y suis opposé, ils ont obéi. »

Les tribunes et la gauche font une ovation à Pétion lorsque, refusant les honneurs de la séance, qui lui ont été accordés par TÂssemblée, il se retire pour aller « où son devoir rappelle. » Après son départ, la gauche demande Tajoumement de toute décision à Tégard du général La Fayette, jusqu'à ce que Ton ait pu éclaircir le fait avancé par Guadet et ses amis.

Dans toute assemblée nombreuse et agitée, les propositions d'ajournement ont toujours une faveur assurée, parce que les gens faibles et timorés s'y rallient pour n'avoir pas besoin de prendre une décision immédiate; ils ne prévoient pas que les choses vont bien souvent en s'aggravant, et que ce qui était difficile un jour devient impossible le lendemain.

Malgré les énergiques protestations de la droite, Tajoumemrat est donc accepté par la majorité.

4 . Pour cette partie de la séance du 24 , le compte rendu du /ottrnal des Débals et Décrets est beaucoup plus détaillé que celui du Moniteur.

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