‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 42 sur 262 · LIVRE Y. n · texte numérisé non relu

LIVRE Y. n

Uémeute^, qui avait été renforcée par la brusque sortie des fédérés, avait pris son origine dans les rassemblements qu'occasionnait aux abords des Tuileries la fermeture du jardin, fermeture qui avait eu lieu le lendemain du 20 juin et qui avait été maintenue depuis cette époque. Cette mesure avait été prise pour soustraire le roi et la reine aux insultes les plus grossières. Des fédérés avaient chanté à tue-tête, en voyant la reine se promener dans le jardin , des couplets tels que ceux-ci :

Madame Veto avait promis De faire égorger tout Paris...

Les gardiens ayant voulu imposer silence aux chanteurs, il s*en était suivi une rixe dans laquelle une des personnes qui accompagnaient la reine avait dû, pour

1. Prodhomme, dans ses Révolutions de Paris ^ raconte ainsi les scènes tumultueuses qui se passaient au dehors pendant les débats que nous venons de retracer :

c Des hommes parcourent les rues voisines de la rue SainUHonoré en criant : v Aux armes ! on met la main sur les députés patriotes et t sur les braves fédérés, on les égorge dans le jardin des Tuileries; t il faut en briser les portes ! » Une vingtaine d'hommes apportent une poutre, la lancent contre la grille du Manège; la foule envahit le jardin des Tuileries. Mais en ce moment arrive Pétion.

ff Mes frères, mes amis, s'écrie-t-il, je viens vous dire de ne pas « vous laisser aller à ces mouoetnenls partiels qu'on excite au milieu c de vous pour vous porter à des excès et perdre vos magistrats. »

c A la voix du populaire Pétion , le jardin des Tuileries est évacué*

U HISTOrBE DB LA TERREUR.

éloigner les insolents, les frapper à coup de plat de sabn^. Les fédérés étaient aussitôt allés à rAsôembiée nationale dénoncer cet attentat à la majesté da peuple français, et ils avaient obtenu les honneurs de la séance ^. Fiers d'un si bel exploit, ils revinrent les jours suivants errer autour du jardin des Tuileries. La populace les y suivit, poussée par les Jacobins : ils avaient répandD le bruit que la grille était fisrmée parce cpie le diâtesa se remplissait d'armes et de conspirateurs. Après Témeole da 21 jnîUet. ce méffle bruit fut répété avec plus d'îiisîstance; on ajoutait, à l'adresse des députés timorés, que. OMftresse de la terrasse des Feuillants. la cour disposait des abords de TAssemblée nationale et pouvait on jour ou Tautre (aire envahir la salle des séances par ks séides du despotisme. Faocfaet, pro6tanl de ces nooveDes rumeurs, demanda qu'il fut décrété d'urgence cpie Fallée des Feuillants serait désormais comprise, pour le service de la police, dans Tenceinte extérieure de F Assemblée nationale, depuis la porte de la cour du Main^ joàqu'a celle deFOrangerie. La droite voulut s'oppœer à cH empiétement, obtenir au moins que le temps d*éiever un mur de dôiore entre la terrasse et lejardin fui laissé au

et, de loate eetle étDeuié, û ne reâ« plus qu'ose foole fort agitée, réaoie autour de TAflaernbiee et aUeodant la sortie de ses membres poor lear dMlhboer atee éqfdté Ték^ et le Wme ; i ~ c^est-à-dire povr les appiaudir arec frénésie oo les iniolter arec ttcheté. De tels désordres avraieat ib dA éire tolérés no instant? Ne presaçenieiil-ils pM nÊÊBL tm qui allait Mirre?

I. fkfmemm d€ Maikieu Dumm», t. Il, p. 37X JoMrnal des Débmu 0i DéerêU, ■• 194, p. tn-liS.

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