‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 5 sur 262 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

du député CaloD ; mais, aux acclamations de la droite, le président ordonne la mise en liberté de l'employé ministériel. La gauche accuse le président d'avoir violé le règlement; le président échappe à une explication en recommençant pour la troisième fois Tinterrogatoire du ministre de l'intérieur.

Le ministre. — « Quand j'ai demandé à lAssemblée nationale la permission de lui répondre par écrit, mon intention n'a pas été d'éluder ni la question ni la responsabilité, mais de lui donner une réponse claire, positive et avec connaissance de cause. .. Si l'Assemblée a de la méfiance, je lui demanderai de nommer des commissaires pour venir eux-mêmes dans mes bureaux ; je leur ferai voir ma correspondance: car, si j'ai donné des ordres, ils sont par écrit. Mon intention n'est point de cacher la vérité , mais de la montrer telle qu'elle est.

IsNARD. — « Tout ceci n'est qu'un subterfuge coupable... C'est trop se jouer des décrets du corps législatif. On demande des preuves de la mauvaise foi des ministres, eh bien! en voilà une... C'est le silence de celui-ci... On demande où sont les traîtres, eh bien ! en voilà un. » Et il désigne du geste Terrier-Monciel.

Cette sortie soulève de la part de la droite les plus vives réclamations. Le président n'y peut mettre fin qu'en rappelant Isnard à l'ordre: La gauche se venge en accablant de récriminations le président lui-même. Le ministre de l'intérieur se lève pour sortir. Des députés courent lui barrer le chemin , l'interpellant violemment sur ce qu'il n'a pas encore répondu aux questions qui lui ont été adressées. Mais le président , appuyé de la

majorité de l'Assemblée, lasse d'un si long scandale, envoie un huissier pour lui ouvrir un passage K

On se rappelle que le roi avait refusé de sanctionner le décret rendu le 8 juin sur la proposition inconstitutionnelle de Servan, pour, la création d'un camp sous Paris, mais qu'il avait cru devoir proposer lui-même la levée de quarante-deux nouveaux bataillons et leur réunion à Soissons.

Cependant quelques municipalités n'avaient tenu aucun compte du veto royal. Elles avaient levé leur contingent et paraissaient disposées à le diriger sur la capitale. Le

4. Nous nous sommes senri des comptes rendus du Moniteur, du Journal des Débats et Décrets et du Logographe, Ce dernier journal est sans contredit le plus complet sur cet épisode, que la plupart de nos devanciers n*ont pas même mentionné.

Le soir même, le ministre de l'intérieur écrivait au président de l'Assemblée cette lettre qui termina Tincident :

ff Paris, le 2 jaiUet 1792, Tan iv de la Liberté

ff Monsieur le président ,

c J*ai vériGé les faits sur lesquels j'ai été interrogé ce matin par r Assemblée nationale , et j'ai reconnu : 4° que Tarrôlé départomental de la Somme est compris parmi les pièces relatives h la journée du 20 juin dont j'ai ordonné l'impression ; V que je n'ai point donné Tordre pour l'envoi de l'arrêté de la Somme aux quatre-vingt-deux départements, et qu'il n'a point été envoyé par mes bureaux.

0 Je suis, avec respect, monsieur le président, votre Irès-humble et

très-obéissant serviteur,

« Terrier, ministre de l'intérieur.}»

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