‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 2)Chapitre 61 sur 262 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

de précaution ont été prises ; donc, ne bougez pas et rentrez paisiblement chez vous^. »

I Le conseil fut suivi, et les conspirateurs attablés dans le cabaret de la place de la Bastille se retirèrent euxmêmes, fort à contre-cœur. Cependant, comme durant quelques minutes le tocsin avait sonné, la générale avait été battue, &00 ou 500 fédérés avaient formé un rassemblement qui s'était, il est vrai, bientôt dispersé, il fallait expliquer ces mouvements qui avaient jeté l'inquiétude dans tout Paris. Ce fut Carra, Carra lui-même, l'un des convives du Soleil d'or, qui se chargea de donner le change à l'opinion publique; on lut, le lendemain, dans les Annales patriotiques :

« Le banquet civique s'est fait hier sur le terrain de la Bastille avec la plus parfaite tranquillité, malgré les efforts de quelques émissaires du cabinet autrichien, qui, sous l'apparence du patriotisme, cherchaient à profiter du rassemblement pour égarer l'opinion publique... Les Tuileries sont toujours barricadées; le bruit court depuis quelques jours qu'il s'y entasse une quantité prodigieuse d'armes et de munitions, qu'on y a apporté beaucoup d'habits de gardes nationaux. » Le Patriote français^, voulant faire pardonner à Brissot son récent

4 . Pour rimportant récit de la tentative avortée de la nuit du 26 au 27 juillet, nous avons les aveux naïfs qu'après le triomphe de Tinsurrection du 4 0 août Pétion et Carra consignèrent, dans des écrits signés d'eux, pour revendiquer la part glorieuse qu'ils y avaient prise. (Voir un opuscule publié par Pétion sous le titre de Pièces importantes pour l'histoire et les Annales patriotiques de Carra.)

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