LES SECTIONS
Depuis quelque temps Pétion et Manuel se préoccupaient tout particulièrement de régulariser Faction jusqu'alors tumultueuse et désordonnée des sections parisiennes ^ ; régulariser cette force, c'était en décupler la puissance.
La loi mterdisait aux corps constitués de faire des adresses et des pétitions collectives; mais les sections parisiennes n'étaient pas, dans le sens légal du mot , des corps constitués, puisqu'elles n'avaient pas une autorité définie et des attributions spéciales. C'est pourquoi, au grand regret des meneurs jacobins, elles n'avaient pu, au moment de la proclamation de la patrie en danger, se mettre en permanence comme tous les autres corps auxquels s'appliquait le décret du 12 juillet.
4. Voir dans le premier yolume, p. 334 de la première édition, 335 de la deuxième édition, la notice conœmant l'organisation de la municipalité et des sections parisiennes. Nous donnons à la fin de ce deuxième volume une autre notice qui contient des détails statistiques sur les quarante^huit sections et sur la part que chacune d'elles prit aux événements du 40 aoûL
Il fallait donc arriver à constituer de fait cette permanence, et cependant ne pas perdre le privilège que les sections avaient su tirer du silence de la loi : celui de faire à tout propos des adresses et des pétitions collectives.
Le 17 juillet, un arrêté municipal établit un bureau central de corresjxmdance entre les quarante-huit seC' tions de Paris. Ce bureau avait pour mission « de rendre entre les sections les communications actives et rapides; » il tenait ses séances à T Hôtel de Ville et était placé sous la direction et la surveillance immédiate du procureur de la commune. Quarante-huit commissaires y devaient passer journellement pour communiquer les arrêtés pris dans chacune de leurs sections et recevoir communication des arrêtés pris dans les autres ^.
Dès le 6 juillet, la section du Marché des Innocents avait demandé que les quarante-huit sections envoyassent des délégués à T Hôtel de Ville, chargés de rédiger une adresse à l'armée, où seraient exprimés tous les sentiments de fraternité qui unissaient Paris aux défenseurs de la patrie. Naturellement, un des premiers soins du nouveau bureau de correspondance fut de presser la nomination de ces commissaires. Trente-deux sections répondirent tout d'abord à l'appel de la municipalité; quelques autres se joignirent plus tard à elles. Après plusieurs séances successives, on admît le projet présenté par CoUot-d'Herbois, Tallien et Xavier Audoin 2.
4 . Voir le texte de cet arrêté et )a lettre-circulaire de Manuel dans V Histoire parlementaire j t. XVI, p. toi.
5. Nous avons relrouvé le procès-verbal qui fut dressé à cette 00-
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