LIVRE VI
plus intimes déjà partis, pour leur recommander la prudence et Tabstention. Non-seulement Louis XVI avait, dans des proclamations, ordonné aux officiers de rester à leur poste, mais il avait encore écrit à ses frères des lettres confidentielles, les adjurant de se tenir tranquilles; ceux-ci n'y avaient eu aucun égard, déclarant qu'ils les considéraient comme arrachées par la contrainte à un roi captif de ses sujets*.
En vain l'Assemblée constituante et, après elle, l'Assemblée législative avaient-elles accumulé contre l'émigration toutes les foudres de leurs décrets; en vain la Législative avait-elle lancé contre Monsieur, frère du roi, une dernière sommation 2; en vain l'avait-elle
4. Dès le 13 octobre 1791 , Louis XVI avait fait publier une lettre aux commandants des ports,, dans laquelle il protestait de son respect pour la constitution, adjurait les officiers de marine de ne point émigrer, et faisait sommation de rentrer à ceux qui étaient partis. Le lendemain, il adressa une lettre dans le même sens aux officiers généraux commandant les troupes de terre. Enfin, dans une proclamation spéciale il ordonnait « aux Français qui avaient abandonné leur patrie d'y revenir au plus vile. 11 n y a de véritable honneur, disait-il, qu'à servir son pays et à défendre les lois, d {Histoire parlementaire, t. XII, p. 457, 158 et 161.)