LIVRE VI
d'Herbois, et composé des commissaires des quarante-
hait sections munis de pouvoirs plus ou moins réguliers.
Les pétitionnaires^ dénonçaient à l'Assemblée le chef
4. Nous donnons à la fin de ce volume, note VI, le procès-verbal rédigé par les individus qui se présentèrent à l'IIôtel de Ville comme commissaires de quarante-sept sections sur quarante-huit. D y eut généralement trois commissaires par sections. Nous retrouvons parmi eux plusieurs de ceux qui composèrent la commune insurrectionnelle du 40 août; on leur avait appris le chemin de THôtel de Ville le 3 août, ils le reprirent sept jours après.
Danton et Robespierre y brillent par leur absence ; mais ils y sont représentés, le premier par ses amis, le boucher Legendre et le poète Fabre d'Églantine ; le second par Lhuillier, le président de la section Mauconseil, Fun de ses partisans les plus zélés. On y voit figurer, ^ur la section du Luxembourg, Pache, le futur ministre jacobin, alors le confident de Roland; pour celle des Lombards, J.-B. Louvet, autre intime du même cénacle; pour TOratoire, Hassenfratz, celui qui devait venir, le i juin 4793, demander, au nom du principe invoqué le 3 août 4792 par les Girondins, la proscription de ceux-ci; pour la Bibliothèque, Collot-d'Herbois et Marie-Joseph Chénier, que nous verrons désavoués dans un instant par leur propre section ; pour les Gravilliers, Léonard Bourdon, alors maître d'école et qui devint Tun des proconsuls les plus sanguinaires de la Convention; pour le Jardin des Plantes, Henriot, le futur commandant général des sections armées; pour l'ile Saint-Louis!, Cofiinhal, le futur président du tribunal révolutionnaire ; pour la place Royale , Tallien , et , pour les Quinze-Vingts, Huguenin, les futurs secrétaire et président de la commune insurrectionnelle. Le reste ne vaut pas Thonneur d'être nommé; ce n'était, suivant la belle expression de Corneille applicable aux conspirateurs de tous les temps , « qu'un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes, » qui devaient figurer sous le règne de la Terreur comme jurés du tribunal révolutionnaire, membres du département ou de la commune, administrateurs de toute espèce. Le personnel de ces Jacobins émérites n'était pas très-nombreux. Au nom de leur patriotisme éprouvé, ils accaparaient toutes les places; la guillotine seule éclaircissait de temps en temps leurs rangs.
du pouvoir exécutif, et demandaient sa déchéance. « Le peuple a sans doute le droit d*être indigné contre lui; mais le langage de la colère ne convient pas aux hommes forts. Contraints par Louis XVI à l'accuser devant vous et devant la France entière, nous l'accuserons sans amertume comme sans ménagements pusillanimes... Les passions les plus respectables doivent se taire quand il s'agit de sauver l'État. »
Suivait rénumération des trahisons du monarque, des bienfaits dont la nation l'avait comblé et qui avaient tourné contre elle ; des dangers intérieurs et extérieurs, suscités par les royalistes.
« Louis XVI a séparé ses intérêts de ceux de la nation, nous les séparons comme lui. Loin de s'être opposé par aucun acte formel aux ennemis du dehors et de l'intérieur, sa conduite est un acte formel et perpétuel de désobéissance à la constitution. Tant que nous aurons un roi semblable, la liberté ne peut s'affermir, et nous voulons demeurer libres. Par un reste d* indulgence^ nous aurions désiré pouvoir vous demander ki suspension de Louis XVI tant qu'existe le danger de la patrie ; mais la constitution s'y oppose. Louis XVI invoque sans cesse la constitution ; nous l'invoquons à notre tour et nous demandons sa déchéance.
« Cette grande mesure une fois portée, comme il est très-^ouieux que la nation puisse avoir confiance en la dynastie actuelle, nous demandons que des ministres solidairement responsables, nommés par l'Assemblée nationale, mais hors de son sein suivant la loi constitutionnelle, nommés par le scrutin des hommes libres, à