LIVRE VI
que devait -il résulter d'une semblable mesure? Les soldats-citoyens appartenant à des bataillons différents et ne se connaissant pas entre eux, ne pouvaient plus être soutenus, au moment du danger, par le sentiment de confiance mutuelle qui double le courage de chacun.
C'était l'anarchie introduite dans les rangs de la force armée comme elle l'avait été dans tous les corps administratifs et dans toutes les sections.
Ce demi-succès, après tant d'autres, ne satisfit pas eDCOf*e les meneurs. Au moyen du bureau central de correspondance établi à l'Hôtel de Ville, ils demandèrent et obtinrent que les quarante-huit sections délibérassent simultanément sur la présentation à l'Assemblée d'une adresse dans laquelle devait être sollicitée, c'est-à-dire exigée, l'adoption de quatre mesures complémentaires qui excédaient la compétence de la municipalité :
!• La réorganisation d'un nouvel état-major;
2* La punition des officiers qui donneraient d'aytres ordres que ceux émanés de l'autorité civile;
teau. Je sors de la section des Gobelins qui avait arrêté que les bataillons se rendraient en armes sur la place du Carrousel. Il parait que d*autres bataillons devaient se réunir, ainsi qu'un grand nombre de citoyens de toutes armes. Sur les raisons que j'ai exposées, ils-ont renoncé à leur projet. J'ai imaginé un parti simple, propre à calmer les esprits, c'est de composer la garde du roi tout à la fois de citoyens de tous les bataillons, de manière que chaque section ayant des citoyens de garde, ne peut avoir à se plaindre et ne peut concevoir d'inquiétude, n
L'arrêté approbatif de cette mesure fut rendu par le corps mnDio cipal le 6 août, et se trouve à la page 927 du Moniteur.
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3"" La distribution des canons des soixante bataillons entre les quarante-huit sections ;
IV" La suppression de toutes les compagnies d*élite, comme contraires à Tégalité.
Quatre ou cinq jours auparavant, des grenadiers de Saint-Jacques-l'Hôpital étaient allés déclarer à l'Assemblée nationale que, les corps d'élite ayant excité des jalousies, il était temps d'abolir toutes ces distinctions. L'orateur, joignant le geste aux paroles et se dégradant lui-même, avait arraché ses épaulettes, avait foulé aux pieds son bonnetà poil, et s'était coiiTé du bonnet rouge. Cet exemple fut suivi, les 5 et 6 août, par d'autres individus, qui vinrent demander la suppression des compagnies de grenadiers dont ils faisaient partie.
Avec les mots de désintéressement, de générosité, d'égalité devant la loi, on trouve toujours des gens enchantés de faire parade de beaux sentiments et de se donner une importance qu'ils ne pourraient acquérir autrement*.
Après avoir désorganisé de fait les compagnies d'élite
4. Nous avons retrouvé quelques-unes des adresses apportées à rAssemblée par les grenadiers démissionnaires. Ce sont des modèles de ridicule emphase; en voici un échantillon :
« Législateurs, une pomme de discorde avait été jetée à dessein de faire germer la division dans la garde nationale de Paris; des compagnies de grenadiers avaient été formées par un génie astucieux et perfide; quelques membres de ces compagnies de grenadiers se sont déshonorés par des actes d'incivisme, de désobéissance et de révolte contre la nation, pour s'attacher au chef du pouvoir exécutif comme à leur maître et obtenir le privilège de baiser les mains de sa famé (sic). Qu'ils le servent en esclaves. Quant à nous , nous venons sacriGer h
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