‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 157 sur 249 · L'ARRESTATION DES COMMISSAIRES DE LA CONVENTION · texte numérisé non relu

L'ARRESTATION DES COMMISSAIRES DE LA CONVENTION

La lettre que Dumourieza écrite le 12 au président de la Convention est remise le l/j à Bréard, qui occupe

4 . Au moment où nous allons dérouler aux veux de nos locU^urs

les diverses phases de la défection de Dumouriez, nous devons leur faire connaître à quelles sources nous avons puisé les éléments de notre récit.

Jusqu'à présent les historiens n'avaient à leur disposition que les Mémoires de Dumouriez et les Mémoires lires des papiers d'un homme d'État, Ce dernier ouvrage ne doit i>tre consulté qu'avec beaucoup de circonspection, car ce n'est qu'un perpétuel mélange de documents vrais et de documents apocryphes. Du reste, en ce qui regarde l'épisode qui nous occupe, il ne fait qu'analyser les mémoires de Dumouriez. Or ces mémoires, si intéressants et souvent si véridiques dans d'autres parties, sont pleins de lacunes, de réticences et de contradictions, aussitôt que le général commence à raconter ses négociations avec Cobourg. Dumouriez les a écrits dans les premiers mois qui suivirent sa rébellion. A chaque ligne on sent, d'un côté, qu'il ne veut rien dire de désagréable aux puissances à la solde des- ({uelles il se trouve désormais; d'un autre côté, qu'il veut se grandir devant l'opinion publique, paraître avoir tout prévu et n'avoir succombé dans son entreprise que par une série d'incidents qu'il n'était pas en son pouvoir de prévenir. Il dénature les faits, transpose les dates et ne se souvient môme plus qu'il existe, pour le convaincre

momentanément le fauteuil. Celui-ci, rien qu'en y jetant les yeux, en comprend toute l'importance. 11 s'abstient de la lire à l'Assemblée et se hâte d'aller la porter luimême au Comité de défense générale. Elle y cause une immense sensation. Sera-t-elle le lendemain communiquée publiquement à la Convention, ou bien restera-t-elle ensevelie dans le sein du Comité? Telle est la question sur laquelle s'engage aussitôt le débat.

Bréard insiste pour la lecture afin de dégager sa responsabilité; son opinion est appuyée par Barère et Robespierre, mais vivement combattue par Lacroix et Danton. Ces deux derniers déclarent que Dumouriez est indispensable au salut de l'armée et qu'il serait de la dernière imprudence d'engager une lutte ouverte avec le général en chef de l'armée du Nord au moment où il doit pourvoir à tous les embarras d'une retraite sous le

do mensonge, des pièces officielles imprimées au Moniteur du temps et souvent revêtues de sa propre signature. En effet, en lisant attentivement le Journal officiel, en se reportant pour certains incidents aux débals qui eurent lieu devant le tribunal révolutionnaire lors du procès des généraux et officiers condamnés comme complices de la révolte, il est facile de se convaincre que la vérité n'est pas dans les Mémoires de Dumouriez, Mais où est-elle?

Elle ne peut être dans les rapports officiels adressés par Dumouriez au minisire de la guerre, car il se serait bien gardé d'y faire la confidence de la nature et de la portée des communications incessantes qu'il entretenait avec l'étal-major autrichien. Mais si le général français avait à se cacher de son supérieur, il n'en était pas de même du prince de Cobourg vis-à-vis de l'Empereur. Le général autrichien devait à son souverain la vérité, toute la vérité, rien que la vérilé. C'était donc à Vienne qu'il fallait la chercher. Nous avons demandé au gouvernement autrichien qu'il nous fiU permis d'explorer les archives du ministère de la guerre. Grâce à la bienveillante

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