‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 159 sur 249 · LIVRE XXXr · texte numérisé non relu

LIVRE XXXr

Le 18 mars au ma tin , ordre est donné de traverser la rivière et d'engager le combat sur toute la ligne. Valence commande la droite, le duc de Chartres le centre, Miranda la gauche. C'est le corps d'armée de celui-ci, qui est destiné à servir de pivot au mouvement tournant que doivent opérer les divisions de la droite et du centre chargées de débusquer successivement l'ennemi de toutes ses positions. Miranda n'a pas un grand espace de terrain à conquérir, de nombreux obstacles à vaincre; mais il faut qu'il reste inébranlable après avoir effectué l'opération dont il est chargé. Il faut qu'il conserve à tout prix le pont d'Orsmaël placé sur la grande route de Tirlemont à Saint-Trond. Car c'est par cette route que Dumouriez vainqueur compte poureuivre Cobourg, c'est par elle qu'il doit effectuer sa retraite si le sort le trahit.

La première attaque obtient un plein succès. Miranda s'empare des deux villages et du pont, dont la conquête lui a été confiée. Valence et le duc de Chartres emportent les hauteurs sur lesquelles les Autrichiens se sont établis. Un monticule, que l'on appelle la tombe de Middelwinde, est enlevé à la baïonnette; mais nos soldats, que leur ardeur emporte, négligent de le mettre en état de défense et se répandent dans la plaine qui s'étend au delà. A ce moment, les Autrichiens, qui viennent de recevoir des troupes fraîches, font un retour offensif sur toute la

ligne. Valence, qui combat ayant la rivière à dos, court içrand risque d'y être précipité. Heureusenaent, le duc <le Chartres, qui s'aperçoit du péril, vole k son secours. I^ village de Nerwinde est pris et repris, les cadavres s'y entassent; il n'est bientôt plus possible d'y pénétrer sans marcher sur des débris de toute espèce. Des -charges vigoureuses sont faites contre les Autrichiens par la cavalerie de Valence. Dans l'une d'elles, le général français, entouré de dragons ennemis, reçoit à la têle plusieurs coups de sabre qui le forcent à abandonner son commandement. Enfin, après neuf heures de combat, les Autrichiens sont refoulés au delà des hauteurs; les divisions de Valence et du duc de Chartres campent sur le champ de bataille et se disposent à achever le Jendemain une besogne si bien commencée.

Malheureusement, Dumouriez, au moment môme oïl il croit son triomphe assuré, apprend une nouvelle <|ui ruine toutes ses espérances. jMiranda n'a pu résis- Cer au retour offensif qui, vers midi, a élé opéré sur sa division comme sur les autres. Les Autrichiens, commandés par le jeune prince Charles, qui débutait ce jour-là dans la carrière qu'il devait si brillamment parcourir, ont repris le pont d'Orsmaël et ont rejeté les Français au delà de la Cette. Le corps de IMiranda •était composé en grande partie de soldats de nouvelle levée; saisis d'une leireur panique, ils se d^ibandent, courent d'un trait jusqu'à Tirlemont et laissent ainsi complètement à découvert le flanc gauche de l'armée française.

Ce n'est qu'à minuit que Dumouriez apprend ce dé-

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