LIVRE XXXII
A un autre balaillou qui parait hési tant, Valence dil: a Mes amis, vous n'aurez jamais la paix sans un roi. La voulez-vous? — Nous voulons bien la paix, répondent quelques voix, mais nous ne voulons pas de roi. »
Ces faibles dissidences se noient dans les flots d'enthousiasme qu'excite la présence du vainqueur de Jemmapes. Il est accueilli, sur tout le front du camp, par de frénétiques applaudissements qui lui semblent le présage d'un dévouement sans bornes et d'une adhésion sans réticence. Aussi s'inquiète-t-il fort peu de l'absence calculée de Leveneur. Il se contente de lui envoyer l'ordre de venir le trouver le lendemain matin à son quartier général, où il ne rentre lui-même qu'à la tombée de la nuit.
A peine y est-il arrivé qu'on lui annonce une députation des volontaires de Saône-el-Loire. Elle est composée d'un lieutenant et de cinq sous-officiers, qui tous ont inscrit sur leurs chapeaux : u La république ou la mort. » L'orateur de la troupe lit une adresse, où l'on engage en termes très- énergiques le général en chef à obéir aux ordres de la Convention et à se rendre à sa barre. Dumouriez leur répond qu'ils sont aveuglés par de faux rapports et que la République ne peut s'affermir avec un gouvernement sans frein, sans justice et sans lois, tel que celui que la Convention impose à la France. Les motionnaires ne paraissent pas disposés à se laisser persuader. Baptiste Renard qui, quoique élevé par décret de la Convention au rang de capitaine S ne quitte pas