LIVRE XXXII
Neuilly de l'arrivée très-prochaine de Dumouriez. Mais Neuilly est à peu près aussi embarrassé que son commandant de place; car il vient de recevoir des commissaires de Valenciennes l'injonction formelle de déclarer par écrit s'il est prêt à se prononcer, ouvertement et dans le jour, pour la Convention ; faute de quoi « il sera réputé complice de Dumouriez et comme lui déclaré traître à la patrie. » Le général veut se donner le temps de la réflexion et s'assurer des deux côtés une porte de derrière. Il écrit en même temps aux commissaires et à Dumouriez ; aux commissaires pour les assijrer de son obéissance et de son dévouement, à Dumouriez pour lui annoncer qu'une grande fermentation règne parmi les troupes et lui conseiller de ne pas venir dans ce moment à Condé, dont la garnison, formée mi-partie de soldats de ligne et de volontaires, pourrait d'un instant à l'autre se diviser et en venir aux mains.
Mais déjà la résolution du général en chef est prise : rien ne peut l'empêcher d'aller au rendez-vous oii l'attend le prince Cobourg; seulement il prend la précaution de rassurer les troupes des camps de Maulde et de Bruille sur son absence momentanée. Par un nouvel ordre du jour il leur promet de venir le soir même se mettre à leur tête * .