Cet ordre du jour est ainsi conçu
a Le général prévient la partie de ses braves soldats qu'il n'a pas vue hier, que des affaires indispensables l'ont obligé d'aller à Condé ^ il revient ce soir. Il adresse avec cet ordre l'exposé de sa conduite et de ses intentions qu'il a promis hier à l'armée ; il ne tentera point de
Dumouriez se met en route de très-bonne heure. Il est tellement impatient d'arriver, qu'il n'attend pas l'escorte qui doit l'accompagner. Il n'a avec lui que ses aides de camp, huit hussards, son secrétaire ' et ses domestiques, en tout trente chevaux. Mais qu'importe! dans une heure il sera à Gondé au milieu de ses régiments de cavalerie les plus dévoués; dans deux heures il sera à la frontière, où il trouvera les généraux autrichiens; après avoir signé le traité qui assure la neutralité de l'ennemi, il pourra revenir à son quartier général donner à toute l'armée l'ordre de marcher sur Paris dès le lendemain 5 avril.
A quatre ou cinq kilomètres de Condé, entre les villages de Fresnes et de Doumet, il qBacontre l'aide de camp de Neuiily qui lui apporte la lettre dans laquelle le général lui conseille de ne pas aller plus loin, à raison de reflervescence qui règne dans la garnison. Mais il est trop tard pour reculer; Dumouriez renvoie Taidede camp avec ordre à Neuiily et au 18'"'' régiment de cavalerie de venir le rejoindre au village de Doumet, dont il n'est séparé que par quelques centaines de pas. Mais, en ce moment, apparaissent trois bataillons de volontaires marchant avec leur bagage et leur artillerie. Dumouriez s'étonne de ce mouvement qu'il n'a pas commandé et
leur donner aucune impulsion étrangère à leur volonté, il est bien
persuadé que la force et l'habileté de ses intentions sufBront pour
leur faire prendre et suivre avec courage le seul parti qui nous reste pour sauver notre pays.
a Les ofliciers généraux et supérieurs des corps voudront bien
donner beaucoup de publicité à cet ordre et à l'imprimé qui y est joint. »