LIVRE XXXII
qui va renforcer la garnison de Condé de troupes trèspeu sûres. Il s'avance vers un officier et lui demande brusquement où vont ces bataillons :
« A Valenciennes.
— Mais vous tournez le dos à cette ville... »
Ce colloque attire l'attention des volontaires qui marchent en tête de la colonne ; ils s'arrêtent et entourent le groupe formé par le général et sa suite. Déjà quelques propos menaçants se font entendre , car Dumouriez a été reconnu. Dans la crainte de se voir enlevé, lui et sa faible escorte, par cette troupe qui ne parait pas animée pour lui de bonnes intentions, il quitte la route et se dirige vers une maison de Doumet, où il compte mettre pied à terre et écrire l'ordre aux trois bataillons de retourner au camp de Bruille qu'ils viennent de quitter.
A peine a-t-il fait quelques pas dans le chemin de traverse, que des criB tumultueux s'élèvent du bataillon de l'Yonne, qui est le plus rapproché. Les noms de traître, de rebelle lui sont lancés pendant qu'il s'éloigne. Bientôt on s'encourage à le poursuivre. « Arrête! arrête ! » crie-t-on de toutes parts. Le commandant du bataillon, DavoustS guide lui-même les volontaires. Dumouriez pique des deux, mais, ne connaissant pas les localités, il s'engage dans un terrain marécageux. Des coups de fusil sont tirés sur lui et sur sa* suite; toute la colonne s'ébranle et, pendant qu'un bataillon lui coupe la route de Condé, un autre intercepte celle du camp de