‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 100 sur 262 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

civile et de riovasion étrangère que si 1*oq revient sur un décret inexécuté et peut-être inexécutable, il faut se hâter de faire un appel à la concorde.

Vaincu par les sollicitations véhémentes, par l'éloquence révolutionnaire de Danton, qui lui présente un projet de décret tout rédigé , Thuriot accepte des mains de son ami le papier fatal; il y fait quelques changements dans le but d*en diminuer la portée, qu*il se dissimule peut-être à lui-même *, et court à la salle du Manège, où la séance vient de s'ouvrir. A peine arrivé, il monte à la tribune et débute par le sombre tableau des dangers de la patrie. Il insiste vivement sur la nécessité de presser l'armement des places frontières, l'approvisionnement de l'armée, l'arrivée des volontaires; puis, changeant brusquement l'ordre de ses idées, il dit :

u II est encore un objet digne de toute votre attention ; l'union entre tous les citoyens de la capitale est de la plus haute importance. L'intrigue a cherché à Taltérer par les mesures que l'on a récemnient prises. Dans les grandes circonstances oii nous nous trouvons, il est essentiel que le service de la commune de Paris soit très-actif. Pour cela, il faut que le nombre des membres qui la composent soit très-considérable. En 1789, nous étions trois œnts à la ville et nous n'avions à surveiller que les tra-

4. Nous avons tenu entre les mains la minute même du projet proposé par Thuriot. Au\ ratures et aux corrections nombreuses dont elle est surchargée, il est facile de reconnaître que ce dut élre après une longue hésitation et avec certains remaniements que Thuriot consentit à portera TÂssemblée le décret qui devait consolider dans son pouvoir dictatoriiil la commune insurreclionneile du 10 aoûl.

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mes du château de Versailles ; tous les citoyens de Paris étaient unis pour conquérir la liberté ; aujourd'hui h commune doit porter sa surveillance sur un bien plus grand nombre d'objets et de travaux. Nous ne Yoyons pas que Ton s'occupe des moyens d'assurer autour de Paris les apports de grains, fourrages et autres approTÎsionnements nécessaires à la capitale; il faut que la commune puisse donner des soins à ces immenses et impoN tants objets. La représentation de la ville de Paris ite peut rester telle qu'elle est constituée par le décret que vous avez rendu le «50 août ; il faut la porter à trois cents personnes; la municipalité a repris ses fonctions, mais elle est insuffisante ; le conseil général est égalemetn insuffisant. Je pense qu'on i)Ourrait concilier les mesures qu'e\igent les besoins i)ublics avec le décret rendu, ea adoptant celui que j'ai l'honneur de vous présenter^. »

Et aussitôt, aux applaudissements de la Montagne, Thuriot lit le |)rojot convenu entre lui et Danton :

a L'Assemblée nationale, considérant que le danger de la patrie augmente, que la direction des armées parait être principalement contre Paris ; (ju'il importe, par conséquent, que l'administration de cette commune, dont les travaux vont se multiplier, soit surveillée et aidée par UD plus grand nombre de citoyens ; considérant, d'ailleurs, que l'organisation provisoire du conseil général de la commune et la fixation du nombre des commissaires de chaque section dont il peut être formé sont d'un objet

4. Voir le Journal des Débals et Décrets, n* 341, p. 48; le Moniteur, p. 4048, et Y Histoire parlementaire , de Bucbez et Bon, t. XVII, p. 336.

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