LIVRE Xî. W
Uiiit de réaster ouvertement au décret de dissolution donC Lis ont été fran)és.
Déjà, rien qu'en se tenant immobile , la commune a réussi à paralyser dans les sections l'exécution du décret clu 30 août. Maintenant elle compte sur ses amis de la &f ODtagne, qui lui ont promis de faire revenir l'Assemblée sur le seul acte de virilité qu elle ait osé faire depuis la chute du trône ; elle compte principalement sur Taudace de son comité de surveillance, prêt à ne reculer devant aucun crime pour la faire triompher de ses ennemis.
Mais qui proposera à TAssemblée de retirer le dé- <^>^ qu'elle a voté solennellement il y a déjà trois fois ^ngt-quatre heures, et qu'elle a maintenu depuis lors ^vec une fermeté dont elle a jusqu'ici donné peu d'exemples? Il fauty pour faire réussir cette entreprise difficile , l^ire choix d'un député qui ne puisse être suspect demo- ^térantisme, et qui ait cependant donné certains gages, à ^*ux qui veulent se débarrasser de la tyrannie insupportable de la commune, qui ait parlé, agi contre elle , et <|ue l'on pourra supposer encore parlant et agissant ^Dtre elle lorsqu'il viendra assurer son iï iomphe.
Danton se charge de tout. Après avoir si vivement
cooduit la grosse affaire des visites domiciliaires, le mi-
lustre démagogue sent que tout ce qu'il a déjà fait sera
perdu s'il ne réussit pas à prolonger, ne fut-ce que d'un
seul jour, l'existence du conseil général de la commune.
SOê HISTOIRE DE LA TERREUR.
Un jour, un jour encore de puissance, et ses amis de THôtei de Ville sont sauvés, et les complots qu*ils ont formés avec lui reçoivent leur exécution. Tout est disposé; on est arrivé au dimanche 2 septembre, à la date fatale assignée par les conspirateurs pour les massacres qu*ils combinent depuis près de di\ jours. Mais toutes les mesures concertées d'avance peuvent tout d'un coup venir à manquer si le contre-seing des membres du comité de surveillance peut être méconnu , si une autre autorité légale peut requérir la garde nationale qui ne doit pas avoir d'ordres, si les gardiens des prisons ne sont pas obligés de s'incliner, par devoir d'aveugle subordination, devant les firmans dont seront porteurs les sicaires do comité de surveillance.
Danton était l'intime ami de Thuriot; il va le trouver, le circonvient, lui dépeint Paris divisé, déchiré par deux factions, à la veille peut-être de voir la guerre civile éclater dans son sein pendant que l'ennemi n'en est plus séparé que par quelques éla[)es. Il lui montre la commune, sous le prétexte qu'elle est dissoute, se tenant immobile, comproniettant par son inertie le salut public dans un moment de péril extrême oii les minutes sont des jours, et cependant ne voulant pas céder la place qu'elle a prise, au nom du peuple, dans la nuit du 9 au 10 août. Si l'Assemblée nationale est résolue à anéantir la commune insurrectionnelle, il lui faut employer la force; niais osera-t-elle aller jusciu'au bout? Et, si elle l'ose, est-elle sûre de vaincre? Puisque la lutte entamée entre la Lép:islalive et la commune est saos issue, puisque la patrie ne peut être sauvée de la guerre