LIVRE XL ht
Bâcrë , en font sortir ceûit ^m s'y trouvent et les ëgbrgeni.
Les malheureux prêtres sont successivement tirëà déi autres voitures. Les ims sont blessés et mourants; on lëè achève \ d'autres sont couverts du sang de leurs compagnohs qui a jailli sur eux, mais ils n'ont pas reçu i'atteintés graves ; ils essaient de fuir, on leur barre le passage; ils sont atteints, ramenés au pied du perron 5t immolés sut* les cadavres qui l'encombrent déjà. Trois DU quatre, ei notamment l'àbbé Sicard, réussissent à jpénétiner dans la salle du comité civil de la section; ils se précipitent dans les biras deà citoyens qui y siégehl eti }*écriant : — « Sativez-nous ! sauvez-nous ! »
La |3èur rend égoïste et cruel. « Allez-vous-eù ! » répondent à ces malheiu*eux les membres du comité;
l'époque, même ceux qui font Tapologie des massacres ou cherchent à les justiGer, n*y font aucune allusion. Le simple bon sens se refui^e à idineUre cette version. Est-il supposable qu un malheureux prisonnier résiste et frappe, lorsqu'il sait que toute résistance est impossible, que toute voie de fait peut être suivie de terribles représailles? Estil surtout supposable qu'un homme, quel qu'il soit, un prêtre surtout, se bi&ïe entraîner à un acte de colère absurde, alors qu'il se voit entouré de furieux vomissant contre lui des torrents d'injures? On pournii tout au plus admettre que, pour écarter une pique ou un sabre dirigé de trop près contre son visage, ou pour ramener à lui la portière de la voiture, l'un des prisonniers ait fait un geste inoffensif avec ii canne. Mais il faut avoir Tesprit par trop prévenu en faveur deâ Hassicreurs pour voir dans ce geste, si même il a été fait, une excuse, luelque minime qu'elle soit, à ces affreux assassinats.
Uq historien avec lequel nous sommes souvent en désaccord, M. Midielet, a décrit admirablement cette épouvantable scène, p. 439 du t. lY de 80D Uiiioire de la Révolution,
« voulez-vous nous faire égorger? » Par bonheur on reconnaît l*abbé Sicard, on le laisse entrer avec ses compagnons, on promet de les garder aussi longtemps que Ton pourra.
Mais une femme qui a vu les prêtres s'introduire au comité court les dénoncer aux égorgeurs. Ceux-ci ayant achevé leur besogne dans la cour, viennent les rédanier. G)maie leurs hôtes ne portent pas le costume ecclésiastique, les commissaires espèrent qu'ils resteront confondus au milieu d'eus:. Par malheur, un des prêtres est reconnu, saisi par les cheveux , renversé, tué sur place à coups de piques. Sicard va être massacré à son tour, lorsque Thorloger Monnot, un des membres du comité, se précipite entre la victime et les assassins, et s*écrie : « Voilà la poitrine par où il faudra passer pour arriver à celle-là; c'est Tabbé Sicard, un des hommes les plus utiles à son |>ays, le père des sourds-muets! » Sicard est sauvé. Deux de ses compagnons le sont aussi grâce à la ruse ingénieuse des membres du comité, qui les font asseoir à la table où ils délibèrent sur les affaires de la section.
A peine le massacre des prêtres amenés de la mairie est-il achevé , qu'une voix se fait entendre : « Il n'y » plus rien à faire ici; allons aux Carmes! » C'était là que talent renfermés les principaux ecclésiastiques mis arrestation [«ir le comité de surveillance.
Le matin, le démago.2:ue Joachim Ceyrat*, depuis I^
1. Grêlait sous sa présidence, el avcc>on appui déclaré, qu'avait ^'^ adoptée, le malin même, dans lu section du Luxembourg, la m(ÀÎo^ saiiguinuirodoni nous avons donné le texte plus haut, page 2f8.