‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 128 sur 262 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

lobricité, lui font subir d'inénarrables mutilations^.

Une horde hideuse s'empare de la tête de la malheureuse princesse et promène, au bout d'une pique, cet odieux trophée dans la rue Saint-Antoine et de là sous le$ murs du Temple, en demandant à grands cris que la famille royale soit amenée aux fenêtres. Un des commissaires de garde auprès de Louis XVI a rinfamie de se prêter à cet horrible désir; d'autres, plus humains, s'y opposent; le monstre ne veut pas perdre le plaisir qu'il s'est promis, il dit à la reine : « On veut vous cacher la tête de la Lamballe qu'on vous apportait pour vous faire voir comment le peuple se venge des tyrans. Je vous conseille de paraître si vous ne voulez pas que le peuple monte ici. »

Les gens du dehors qui, eux aussi, veulent se repaître de la douleur de la malheureuse reine, font relenlir Tair de leurs cris d'impatience et de leurs menaces furibondes. Les commissaires de garde prennent peur et écrivent à l'Assemblée la lettre suivante, monument impérissable de la lâcheté la plus insigne.

« Au Temple, ce 3 septembre.

« L'asile de Louis XVI est menacé. La rt»sistance serait impolitique , dangereuse, injuste peut-otre. L'harmonie des représentants du peuple avec les commissaires du conseil de la oommune pourrait garantir le désordre. Nous demandons que vous vouliez bien nommer six

4. On trouvera à la fin de ce volume plusieurs pièces inédites relalÎTBs à M*»* de Lamballe et à ses compagnes de captivité.

HlSTOlftE DE LA TEllECl.

jxieiijbres pour. coDJoîntemeDt aTec nous, calm^ reSér*

vesœoc*.

^' Dirjo?^. Lehâi&e, Chetiuee, Hotam,

REXlSSUtT. »

Résister à des furieux qui meoaoeiit d*^oi^r des infortunés placés sous la saove^rde de la loi, serait impfjlitvfue, dangereuJT, injuste pnU-éire! Cest bien h thé^irie de la souveraineté du peuple tdie que renseignent les démagogues de tous les temps. Si cette théorie pouvait être un instant acceptée, il faudrait le dire hautement, la souveraineté du peuple serait la plus révoltante et la plus inepte des doctrines.

Sur la rive gauche de la Seine* près du pont de la Toumelle, se dressait encore à cette époque une grosse tour carrée, bâtie par Philippe-Auguste, et qu'on appelait la tour Saint- Bernard ; elle renfermait soixante-quinze condamnés aux galères qui attendaient leur transfèrement au bagne*. Les assassins s'y présentent dans la matinée

1. La tour Saint-Bornard était le point de départ de l'enceinte donnée par Phi lippe- Auguste à la partie méridionale de Paris. Eltefu' démolie peu de temps après les événements qtie nous racontons. Son emplacement est aujourd'hui englobé dans les dépendanoes de la halle aux vins.

Nous avons pu constater qu'un grand nombre des condamnés de ta tour Saint-Bornard n'avaient à subir que deux ou trois ans de galères. L'j comité do surveillance les condamna à mort.

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