LIVRE XII
du 3 septembre. Aussitôt les portes leur sont ouvertes par le concierge et le brigadier de gendarmerie qui, pour la forme, « leur font quelques représentations, puis leur facilitent l'entrée*. » On appelle 1^ prisonniers les uns après les autres dans le préau, on en immole soixantedouze, on en épargne trois qui , sans doute, comptaient des amis parmi les envahisseurs. Tout cela n*est pas Taffoire de deux heures. Un individu qui, au lieu d'assassiner, s'amusait à voler, est massacré par la bande ; il faisait du tort aux camarades, les dépouilles des tués étant comprises dans le salaire des tueurs. La besogne achevée, les assassins se rendent à la seclion des Sans-Culottes (autrefois du Jardin-des- Plantes), qui siégeait dans une des dépendances du séminaire Saint-Firmin, et demandent leur salaiœ aux membres du comité civil; on leur abandonne les vêlements des victimes, cela ne leur suffit pas; on leur distribue les quelques pièces de monnaie trouvées dans les poches des galériens, cela ne suffit pas encore; on leur donne enGn des bons sur le ministère de r intérieur pour toucher le complément de ce qu'ils prétendent leur être dû *.
Pendant qu'une partie des égorgeurs discute et toucbe
le prix du sang, d'autres pénètrent dans la partie du «
I. £xpn;s>ion même du procès-verbal dressé, ic 48 oclobre 4792, par le Daioeux Hcnriot, alors sécrétai re-greiDor de la section des Sans- CuioUes, et contenant les déclaraiions des gaidiens et guichetiers de Il tour Sjint-Beruard. Ce procès- ver b 1 et donné in extenso dans l'ouvrage de M. Granier de Cassagnac, p. 467 du t. IL Nous en avons vérifié la parfaite exactitude.
î. Procès-verbal de la section des Sans-Culottes. (Séance du 3 sep-
tu HISTOIRE DE LÀ TERREUR.
séminaire affectée aux prêtres insermentés et envahissent la salle où ces inrortunés prenaient leur repas eD commun.
c( Ah ! ces messieurs dincnt , dit e.n entrant uh des assassins nommé Ilenriot^; eh bien! je vais leur &ire prendœ leur café! » Et aussitôt il saisit, avec Taide de quelques-uns de ses compagnons, un malheureux prêtre et le jette par une des fenêtfes. A ce signal, toute la bande se précipite sur les prisonniers muets et impassibles, en assomme plusieurs a coups de bûche et entraîne les autres dans la cour. Là, comme aux Carmes, comme à r Abbaye, on ne se donne pas la peine de compter, d'appeler, d'interroger les victimes; c'étaient des prêtres, ils élaient condamnés d'avance^.
4 . Ce n'était pas lo célèbre llonriot qui, dans ce moment même, siégeait à (leu\ pas do là comme secrétaire-greffier de la section des Sans-Culotte?, dans Téi^lise Saiiit-NicoIas-du-Cliardonnet. L'assassin de Saint-Finnin est ainsi qualifié dans la procédure de Tan iv, où nous puisons tous ces détails conîplétement inédits : « Humbert Uenriol, Allé de M ans, né à în^rancour (Vosges), journalier sur les ports. » Cet individu « avant ele bN»ssé t/an.^ son travail à la maison Firmin » (l'est ainsi que s'exprime le procès-verbal), re^ut 50 livrt»s qui luî furent payées par ordre de l'assemblée générale de la section, elenvoy© à la Viiié pour étn^ soigné de sa blessure. (Procédure de Tan iv, dépo^ition (iagiion.)
l)ans cette bande, personne ne montra plus d'acfiarnement qu'une femme désignée sur la liste des assiissins sous le titre do femme •'•^ trvfiide; on l'apinMiiit aussi la Tueuse, Son véritable nom était MariO' Anne (iabrielle, femme de François Vincent. Ce fut elle qui abattit d'un coup de bi'iche l'ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet» tf Ot infortune tomba à genoux cl, joignant les mains, s'inclina la face contnî terPN un aulie coup l'acliexa. « (Déposition Talin.)
t. Quelques licures auparavant, diins le sein delà section des SaD:r-