‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 130 sur 262 · LIVRE Xïl · texte numérisé non relu

LIVRE Xïl

Tîxns ecclésiastiques * avaient espéré trouver ùri refuge (iabslà salle même du comité civil. Malgré les supplications des côinniissaires, les sicaires qui lés poursuivaient les saisissent et les précipitent p# les fenêtres dans là cour, où dés canâarades les achèvent.

Quelques-uns des assassins dépouillent les cadavres, les autres rentrent au comité pour exiger de l'argeiit. Un des membres du comité se hasardé à faire des observations à l'un des cHefs de la bande. Pour toute réponse, ce misérable lui montre la fenêtre d'où l'on a, quelques minutes auparavant, précipité les trois malheureux prêtres. Cependant le trésorier de la section. Roncier, déclaré qu'il ne délivrera pas d'argent sans prendre le nom de ceux auxquels il payera, atin dé pouvoir rendre compte à qui de droit. « Qu'à cela ne tienne, répondent les assassins; » et ils donnent leurs noms 2.

Culoltes on avait fait la motion de séparer les individus laïques des prêtres qui se trouvaient à Saint-Firmin, mais celte motion, après discussion, fut rejetée, parce que, dit-on, « ces individus laïques, ayant fait cause commune avec les prêtres réfractaires, n'étaient pas dans le cas de ûxer l'attention de l'assemblée et devaient rester détenus avec ces derniers sans en être séparés. » (Registre des délibéra-

tioDS de l'assemblée générale de la section des Sans-Culottes.)

4. Ces trois prêtres étaient : le vicaire de Saint-Étienne, le principal du séminaire Saint-Firmin, et un prêtre de la paroisse de Saint- Nicolas.

(Déposition Wanderweden et Mauroy, membres du comité civil delà section des Sans-Culottes, dans le dossier criminel de l'an iv.)

2. Les assassins furent payés à dos taux dilTérents ; les uns reçurent 24 livres, les autres 40 et M livres, d'autres enfin 5 livres seulement. C'est à cette précaution de Roncier que nous devons les listes retrouvées par nous. En présence de ces listes il n'est plus possible de

]\Iais parmi ceux qui se présenleot, U en est un qui D^appartient pas à la section des Sans-Gulottes; il était de VilIejuiTet perruquier de son élat. En vain demandet-il à être payé, en vain se vanle-t-il d'avoir égorgé de sa propre niain plusieurs prêtres; on lui répond qu'il ait à s'adressera ceux qui l'ont employé; les autres tueurs qui ne le connaissent pas, n'appuient pas S£^ réclamation. Il sort, fort mécontent d'avoir assassiné gratis.

Une fois payés, les assommeurs vont chez les marchands de vin des environs se partager les bénéfices de la journcH3, absolument comme s'il s'agissait de la chose la plus simple et la plus ordinaire. « J'en vis quatre, dit un témoin oculaire, qui avaient à la main un double louis et étaient fort embarrassés de se le partager. Ils me demandèrent de la monnaie que je m'empressai de leur donner*. »

révoquer en doute le fait du salaire payé aux assassins, salaire qaii été contesté par quelques historiens trop favorables aux pronxHears des mass^icres et de leurs complices. Nous donnons à la Gn de ce tolume le résumé des documents offirirls qui constatent ce fait désormus

jt- irrévocablement acquis à l'histoire.

4. (Procédure de l'an iv, dêpnsiiion Podevin.) Chez un de ces marchands de vin. un pari s'établit pour savoir si tel individu a^iit re(;u ce que, dans leur ignoble hingago, ils appelaient son dû. Pour vider le [>ari, on s'adressa à la femme de celui-ci : « C'est bien malin, répond ir-ell»» Irancpiillemml, pounpioi n'anrait-il pas reçu comme les autres? 11 a re^u 10 livres. » (Déposition Talin.)

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