LIVRE XII
Mais pendant cette matinée du 3 septembre, que faisaient la commune et la Législative ?
Le conseil général rouvre sa séance sous la présidence d'Huguenin. On envoie des commissaires pour protéger les abords du Temple* et ceux du palais Bourbon, où étaient enfermés les simples soldats suirses que Ton avait résolu d'épargner. En s'occupantde ces deux points qui ne sont pas sérieusement menacés , on affecte de ne prendre aucune mesure pour arrêter les meurtres qui se commettent dans les autres prisons.
Mais voici qui est plus signiûcatif encore. Une députation de la section des Quinze- Vingts vient demander a l'emprisonnement, comme otages, des femmes et des enfants des émigrés, ainsi que la mort des conspirateurs avant le départ des citoyens pour Taimée. » Comment la commune accueille-t-elle cette proposition qui, dans le moment même, reçoit son acconiplissement? Par un ordre du jour, qui est une nouvelle approbation des mas-
4. Parmi los trois commissaires envoyés, le 3 septembre, au Temple, par le conseil général de la commune, était Robespierre, preuve évidente qu'il siégeait à la commune pendant que Ton égorgeait dans les prisons, et qu'il [^rit part aux délibérations par lesquelles les massacres étaient implicilement approuvés; c'est cependant ce que nient impudemment tous les écrivains qui veulent écarter de cette idole de la démagogie tout ce qui pourrait impliquer de sa part la moindre complicité dans les journées de septembre.
%n H[STOIH£ DE LÀ TERREUR.
sacres « car il est ainsi motivé : « Les assemblées générales des sections pouvant prendre à cet égard, dans leur sagesse, les mesures qu'elles jugeront indispensables, sauf à se pounoir ensuite par- devant qui il appartiendra. »
Amere dérision! recours illusoire!
Jjos victimes de septembre se sont pourvues devant riiistoire; elle n*a pas failli, elle ne faillira pas à son devoir. Elle a frappe^ et elle frappera d'une étemelle léprokition les organisateurs des massacres, leurs complices et leurs panciryristes.
Ijc pnxvs-verlwl de la séance du conseil général contient, dans plusieui*s passages, la preuve que le retentissement dos meurtres commis dans les prisons arrivait jusqu'à la commune. Ainsi, on apporte des lettres trouvées sur madame de bunballe; on annonce le départ delà fcinv armiv p<iur nnluire les prisonniers de BiaHre, que Ton pn*tend ri»volti»s ; on amène deux prisonniers de la Conciergerie i>our leur faire dire, en présence des tribunes, que Ton fabriiiuait de faux assignats dans cette prison, et (|ue Tun des g«H>!ier> était chargé de les colporter.
Certains concierges et geiMiers avaient, à ce qu'il paraît, mis ti\>p |HMi de zèle à livrer leurs prisonniers; peuloln^ mcme, le pivmior moment tle stujK^ur passé, avaientils voulu s'opi^oM^r à la iN^ntinualion des massacres. II fallait imnu^lialement faire justice de ces velléités de rt^sistance aux imln^s sei^nMs du comité d'exécution» Voici iv qu'on lit dans iv pixxvs-verl^l.
u Sur li^ plaintes nmllipUrt^ qui sont portées contre la plu|V)rt dt\> ciloxens-guichetiers des prisons, leçon-