LIVRE XII
pODses en faisant les honneurs de sa table à de nombreux convives.
En effet, ce jour- là, il y avait grand repas au ^
ministère de Tintérieur. C'est M"** Roland qui, diwir loi Mémoires, raconte elle-même le fait. Un de ses invités lui avait amené un hôte étrange et qui n*était pas attendu : Anacharsis Clootz , Torateur du genre humain , parasite à ses heures perdues et toujours déclamateur ampoulé.
« L'événement du jour faisait le sujet de la conversation. Clootz prétendit prouver que c'était une mesure indispensable et salutaire; il débita beaucoup de lieux communs sur les droits des peuples, la justice de leur vengeance et Tutilité dont elle était pour le bonheur de Tespèce. Il parla longtemps et très-haut, mangea davantage et ennuya plus d'un auditeur^. »
Parmi les convives était aussi un membre du comité civil de la section des Quatre-Nations, Delaconté. Il avait signé toute la journée les fameux bons de vin et de victuailles, exigés par les travailleurs des prisons, et il s'était chargé d'en proposer le remboursement au ministre de l'intérieur; Roland lui répondit tranquillement <c qu'il n*avait pas de fonds pour de semblables objets, n
Ainsi, de l'aveu même de la maîtresse de la maison, dbez le ministre de l'intérieur on dînait à son aise, on discutait froidement sur l'événement du jour, on débattait la question de savoir si la dépense faite pour le