I . App^l à l'impnrlinU poxOfrilf^, i^ partie, p
salaire des travailleurs de I*Abbaye devait être puyée aar telle ou telle caisse!
Pendant que le ministre Roland employait ainsi son lefliff, le comité de surveillance ne perdait pas le sien» il continuait à déployer une activité fébrile, expédiait coup sur coup les ordres les plus sinistres , surveillait leur stricte exécution par ses âtSdés^, et, tout en ordonnant de faire disparaître la trace matérielle des ^go^ gements , s'occupait d'en propager Texemple dans b France entière.
A quelques heures d'intervalle il expédiait les ordra suivants :
MUNICIPALITE DB PARIS.
« Vous ferez sur-le-champ, monsieur, enlever les corps des personnes de votre prison, qui n'existent plus; que, dès la pointe du jour, tout soit enlevé et porté hors Paris dans des fosses profondes, bien recouvertes de terre. Faites avec de l'eau et du vinaigre laver les endroits de votre prison qui peuvent être ensanglantés et sablez par-dessus. Vous serez remboursé de vos frais sur vos étals. Surtout, célérité dans l'exécution de cet ordre, et que l'on n'aperçoive aucune trace de sang.
« P. S. Employez des hommes au fait, tels que les
4. Il est constaté par plusieurs documents authentiques, et nota'*' ment par la lettre de Maillard, dont M. Granierde Cassagnac a <lwi» le faC'iimile dans son deuxième volume de \ Histoire des massue 4c septembre, que Chanay, secrétairo du comilé de survoillancc, ^ Lenf.mt. un des mcmbrrs de ce comité, n^slÎTent presque en periM" nence au grelle de ]'Ai)baye, et qu'on allaita chaque instant leur rendre compte de tout.
LïVRB XU. 307
fbaaoyeiiFB de l'Hôtel^Dieu, «fia de prévenir rinfection.
« Les administrateurs de police»
t A la mairie, ce 3 septembre, une heure du matin.
« Panis, Sbrgbnt. »
« AU NOM pu PELPLB.
« Mes camarades, il est enjoint de faire enlever les
ûorps morts, de laver et nettoyer toutes les taches de
Qag, principalement dans les cours, chambres, escaliers
de TAbbaye. A cet effet, vous êtes autorisa à prendre
fes fossoyeurs, charretiers, ouvriers, etc.
te Panis, Sbrgbnt, administrateurs, Mbséb, secrétaire-^effîer»
f A f Hôtel de Ville, le 4 septembre. »
XJn arrêté à peu près identique fut envoyé aiix ca-
^i^Uirades^ c'est-à-dire aux égorgeurs des autres prisons.
Son exécution eut lieu sur-le-champ; des tombereaux
ïûis partout en réquisition transportèrent les corps des
victimes à Vaugirard, à laTombe-lssoire, à Clamart*.
Le 3 septembre au soir, tous les courriers de la poste, tous les commissaires pris dans le sein de la commune et expédiés avec des passe-ports du pouvoir exécutif pour Cliver l'enrôlement des volontaires, emportèrent une ôrculaire imprimée, au bas de laquelle on lisait les noms ^ laembres du comité de surveillance.
Cette circulaire, apologie oOicielle du plus exécrable ^it des temps modernes, contenait, après quelques
^ Toir, à la 6n du volume , la note relative à ta statistique des
aïO HISTOIRE DE LA TERREUR.
priiHês; partout ils avaient trouvé la même horreur pour los sivnos qui venaient (Fensanglanter la capitale; mais, dans lvaua>up de sections, ils avaient pu constater que U^ Ac^nis;Uion> vagues lancies par Robespierre contre les {vinoijviuK membres de r.Vssemblée, avaient été trèsî'^^rlhloment propagées par les aflidés de l'astucieux trihin. Il fallut que les commissaires de la Législative >\^hiussassent à les démentir en en reportant tout Todieux iiur celui qui, le premier, les avait formulées. A la seclioû du Luxembourg, le montagnard Rhul traita Robespierre de calomniateur.
La commission extraordinaire des Yingt-et-Un, qui avait été spécialement désignée aux soupçons de la populahoû parisienne, crut, aussitôt après le rapport des divers commissaires, devoir, pour sa di.^nité, donner en masse sa démission. Vergniaud, son organe dans cette circonstance solennelle, déclara que, mise en suspicion, elle ne pouvait continuer à remplir Timmense et redoutable mission qui lui était confiée, celle de sauver la patrie.
Le discours du grand orateur de la Gironde respire le découragement et le dégoût; on voit qu'il a honte pour lui et SOS amis, pour l'Assemblée h laquelle il appartient, pour son pays auquel il a dévoué sa vie, de n'avoir pa empêcher les atrocités dont Paris vient d'être le théâtre.
« Mes collègues et moi, s'écrie-t-il en terminant, nous n'avons qu'une réponse à faire aux odieuses calomnies dont on a voulu ternir notre patriotisme, c'est de remettre en d'autres mains ces pouvoirs qu'on nous envie et dont nous sommes las nous-mêmes, puisque nou5 sommes impuissants h faire le bien et à empêcher le mal. »>