LIVRE ^XIL
Ud grand nombre de députés réclament Tordre du jour; mais Lasource insiste, au nom de la commissioU qu*on a abreuvée d'outrages et qui n*a trouvé que ce moyen d* jr rendre.
« Vous venez de jurer que vous combattriez les rois et la tyrannie, s'écrie Cambon, et déjà voui^ Courbez la tété sous je ne sais quelle tyrannie. La commission vous pro-pose son renouvellement, parce que, dit-elle, on lacalooi-» nie dans le sein de la commune et des section^; mais qui ne calomnie-t-on pas? Il est temp6 de nous élèvera la hauteur des circonstances. Si vous voulez que la cùm-* mune de Paris gouverne l'empire comme faisais Rome, soumettons-nous, mettons la tête sur le billot. Mais vDus avez juré de défendre le peuple ou de mourir à votre poste. Eh bien l tenez votre serment et faites respecter la volonté nationale. Je le vois, quelques factieux, quelques tyrans voudraient asservir ma patrie. Je demande au nom du peuple, dont on se sert pour l'asservir, que Von réprime les ambitieux, que l'on châtie ces intrigants qui cherchent à le perdre par lui-même. Je termine par une leçon à ces agitateurs pervers dont le but secret est de se faire nommer à la Convention nationale; je leur dirai : Yous pouvez égarer le peuple, mais prenez garde à vous; croyez que demain il s'élèvera d'autres intrigants qui vous rendront avec usure tout le mal que vous avez fait à vos représentants^. »
Ces énergiques paroles de Cambon donnaient le vrai
4 . Journal dês Débats et Décrété, p. 7i et 81, n*" 344 ; Histoire parlementaire^ t. XVII, p. 439; Moniteur, p. 4059 et 4060.
mot de la situation; elles mettent fin à la discus^m, et TAssemblée passe unanimement à Tordre du jour sur la démission qui lui est offerte.
Pendant ce temps, Roland, tout fier des applaudissements qui, la veille, avaient accueilli sa lettre, réitérait ses injonctions à Pétion et à Sauterre, et adressait à rAssemblée une copie de ses missives avec un nouveau rapport. C'était toujours le même système : faire des phrases au lieu d'agir*.
La réquisition de Roland au commandant géniéral de la force armée était ainsi conçue :
(( Au nom de la nation et par ordre de T Assemblée nationale et du pouvoir exécutif, je vous enjoins, monsieur, d'employer toutes les forces que la loi met dans
4 . Le Moniteur, p. 1060 et le Journal des Dëbals et i}écret$,pMi ne contiennent qu*une analyse succincte du rapport de Roland. Noos avons retrouvé l'original :
a LE MINISTRE DE l/lNTÉRIEUR AU PRÉSIDENT DE l'asSBMBLÉE.
a II parait que le m \ssacrc opéré dans les prisons n'est pas uniquement reflet du transport qui a paru saisir des citoyens à Taspecldeâ dangers dont la capitale est menacée. Cet eflet serait momentané, tandis que ces cruelles opérations so prolongent, malgré les réquisitions que j'ai plusieurs fois adressées au maire, vertueux mais sans pouvoir, doat Paris méconnaît la voix.
a J'apprends que des hommes en armes sont encore à TAbbay^^ clicTchant à inonder les cachots dans lesquels on suppose qu'il res'^ des prisonniers. On parlait ce matin d'immoler les signataires de ^ pétition Guillaume. On ne saurait prévoir les horreurs auxquelles C9^^* marche sanglante peut conduire. Non, il n'est pas possible que la jorité des citoyens se prête à ces excès. Elle se ralliera sans dout la voix des représentants de la nation pour disperser les homi égarés qui les commettent. »