LIVRE XII. a
VOS mains pour empêcher que la sûreté des personnes et des biens soit violée, et je mets sous votre responsabilité tous attentats commis sur un citoyen quelconque dans la ville de Paris.
<( Je vous envoie un exemplaire de la loi qui vous ordonne la surveillance et la sûreté que je vous recommande, et j'informe l'Assemblée et le maire de Paris des onlres que je vous transmets. »
A quoi Santerre répondait :
<( Monsieur le ministre, je reçois à l'instant votre lettre; elle me somme, au nom de la loi, de veillera la sûreté des citoyens.
« Vous renouvelez les plaies dont mon cœur est ulcéré en apprenant à chaque instant la violation de ces mêmes lois et les excès auxquels on s'est livré. J'ai l'honneur de vous représenter qu'aussitôt la nouvelle que le peuple était aux prisons, j'ai donné les ordres les plus précis aux commandants du Temple et autres voisins de la demeure du roi et de l'hôtel de la Force , à qui j'ai recommandé cette prison qui n'était pas encore attaquée.
« Je vais redoubler d'efforts auprès de la garde nationale, et je vous jure que si elle reste dans l'inerlie, mon corps servira de bouclier au premier citoyen qu'on voudra insulter. »
Que de mensonges accumulés, que de protestations
^-Qienties par les faits! Après quarante-huit heures
^'immobilité, ce digne commandant des sections armées
P^rte de faire un rempart de son corps au premier ci-
^yen dont la vie sera menacée! Il y a quelque chose
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Shd terre ^.
• La visite des commissaires de l'Assemblée dans les quarante-huit sections, leurs embrassades patriotiques, les serments prêtés entre leurs mains et renouvelés peu d'heures après dans le sein de la représentation nationale par les magistrats municipaux, n'avaient été que de vaines et stériles démonstrations.
Les assassins ne songeaient nullement à évacuer les prisons où ils régnaient en maîtres^. Etendus dans lés greffes, dans les cours, ils cuvaient leur double ivresse, Les plus valides dépouillaient et chargeaient les cadavres, puis les entassaient sur des charrettes, et, dans leur hébétement stupide et lubrique tout à la fois, se livraient à d'ignobles plaisanteries et à d'affreuses mutilations. Si par hasard on leur amenait, soit du dehors soit du dedans , un malheureux à égorger, ils se dérangeaient de leur besogne courante , le tuaient à coups de
4. Il est uno série do documents bien curieux, que nous avons eu le bonheur de retrouver; ce sont les rapports de Pétat-major de la garde nationale pendant ces jours néfastes: on dirait, à les lire, que Paris jouit de la plus admirable tranquillité. Nous les donnons à la 6n de ce volume; c'est un monument d'inlamie qui doit ôtre conservé à Thistoire.
t. Le 4 septembre, la commune eut l'audace de faire vendre enchères publiques, dans la cour même de FAbbaye, les éftett victimee. (Voir la noie à la An du rolome.)